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mercredi 12 mai 2010

Les grands crus textiles

Les appellations controlées, les AOC pour des produits alimentaires bien sûr vous les connaissez. Moi je vous invite à découvrir les Grands Crus Textiles. GCT.
Pourquoi? parce que l'univers textile nous offre des produits uniques, liés à des régions, des villes, des industriels mais aussi des artisans. Alors, avant que le tissu qui ne s'use pas, qui ne se tache pas, qui s'utilise hiver comme été soit inventé et fabriqué par millions de mètres, avant que nous ayons tous les mêmes vêtements dans le même tissu dans la même couleur, prenons le temps de découvrir ce dont nous avons hérité de nos ancêtres.
Je vous convie à une promenade à travers les siècles et les continents, nous irons à la rencontre des civilisations anciennes, des hommes de science, des artisans et des ouvriers.
La dégustation visuelle se fera avec émotion tant la survie de ces tissus ne tient plus qu' à un fil. C'est peut être votre enthousiasme qui les fera perdurer. Tout au long des semaines je vous distillerai des informations sur quelques grands crus textiles. Cependant, si ce jeu vous amuse, alors n'hésitez pas à me transmettre à votre tour vos découvertes textiles.
Si nous sommes nombreux à défendre l'idée de classer les tissus qui le méritent, alors peut être que les professionnels du secteur textile pourront imaginer un diplôme, une distinction, un certificat ou tout autre signe distinctif, pour protéger la qualité de ces tissus, comme le font les britanniques pour le Tweed.


un homme, un tissu, une ville

Un homme, un tissu, une ville.
Oberkampf développa son entreprise de toiles imprimées dans une petite bourgade proche de Versailles Jouy en Josas, qui donna le nom à ce tissu : toiles de jouy. Aujourd'hui la toile de Jouy se résume à un imprimé et peu importe la qualité du support la finesse des motifs et la solidité des couleurs. Le mot est tombé dans le domaine public et en même temps il a perdu sa personnalité.

mardi 11 mai 2010

Les îles sous le vent et les moutons de la blanche Albion






Pour satisfaire ma curiosité et augmenter les trésors de la boutique, je suis allée faire un tour en Ecosse. De là je vous rapporte des tissus, des photos et des histoires.
Le nord ouest de l'Ecosse ne possède pas que des fantômes qui hantent les châteaux, souvent bien délabrés, le célèbre loch Ness n'est qu'un bon canulard, le haggis n'a rien de spectaculaire mais ce qu'il faut retenir de ces terres inhospitalières, c'est un autre trésor, peut être moins touristique : la laine provenant de la toison des moutons des îles Skye, Lewis et Harris. Jadis, les paysans furent chassés des terres au rendement pourtant bien pauvre afin d'offrir des pâturages pour les moutons dont l'élevage était bien plus rentable avec leur laine et leur viande. Ceci est en partie la cause de l'immigration des écossais aux quatre coins du monde.
Longtemps, la production textile se cantonna aux tissus écossais utilisés pour fabriquer des plaids et tartans, ce sont les incontournables clans mais, depuis la fin 19e siècle, un rival est apparu : le Tweed. En fait, les tisserands ayant constaté que le marché du textile stagnait, ils ont eut l'idée d'utiliser la laine locale, les teintures naturelles locales et la main d'œuvre locale et de proposer aux clients une nouveauté : un tissu en laine solide à l'épreuve des ronces, de la pluie et du vent qui aurait pour fantaisie des chevrons des sillons ou des boutons. Voilà une idée marketing qui dure. Les premiers clients furent les habitants des régions nord de l'Ecosse.
En Ecosse, on trouve des tweeds différents dans chaque région ou presque, des sergés, des toiles, des chevrons, des chinés.
L'Ecosse produit des Tweed magnifiques, mais ce sont les îles Lewis et Harris qui ont données leurs lettres de noblesse à cette étoffe grâce aux célèbres Harris Tweed.
Pour fabriquer ces tissus, il faut des laines provenant de moutons vivant dans cette région.
Les moutons qui paissent dans les prés de cette île doivent faire face à un climat rude, venteux et humide, il se nourrisent d'une herbe très particulière, ce sont ces spécificités qui vont évidemment conférer sa qualité à la toison. La laine produite par les moutons des Iles Harris et Lewis n'est pas la même que la laine produite par les moutons élevés en Basse Normandie.
Les fabricants tiennent tellement à l'authenticité de leur produit qu'ils ont réussi un coup de maître en marketing. Ils apposent leur sigle sur les tissus : un orbe impérial, une sphère surmontée d'une croix. C'est donc écrit dessus. Les tissus sont tissés en petite largeur environ 0,75 m et les couleurs originelles sont celles du terroir. Par exemple, on obtient l'orange avec l'ambroisie ou le souci, le vert avec la bruyère ou l'ortie, le rouge avec le lichen ou le gaillet, le jaune avec la fougère, le violet avec les baies de sureau, le bleu avec l'iris.


En 1933, le Harris Tweed Act déclare qu'un véritable Harris tweed doit être constitué en totalité de laine vierge teinte et filé dans les îles Hébrides et tissée à la main, à la maison par les habitants des îles Hebrides Harris, Lewis, Barra et Uist. Un institut, le Harris Tweed Authority, est chargé de garantir la constance de la qualité.

Le nom de tweed serait à la base, une faute de frappe. En effet, le mot qui désignait le tissu était twill, c'est- à-dire sergé. Mais finalement on garda Tweed car c'est le nom de la rivière qui coule aux environs d'Edimbourg, bien que les tissus soient fabriqués dans des régions éloignées de la tweed.
Les vêtements en tweed sont authentiques, ils se patinent, vivent, ils se lustrent mais ne s'usent pas.
Ils font partie de votre vie, c'est alors une bonne vieille veste, un bon vieux tweed qui se bonifie avec l'âge. La laine utilisée est une laine rustique, le brin est court, ce qui donne un aspect poilu, il ne se froisse pas et son toucher rugueux, avec les années, s'assouplit.
Chaud, imperméable, casual chic, c'est une étoffe indémodable qui mérite d'être GCT.