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mes tissus

jeudi 16 décembre 2010

"Mémoires de tissus" . Un ouvrage publié par un éditeur lyonnais? Cela dépend de vous

Je m'adresse ici à tous ceux et celles qui un jour ont cherché en vain une source de documentation textile fiable. Etudiants, professionnels, ou simplement passionnés . L'ouvrage que je propose traite de l'histoire des étoffes, des techniques de fabrication sur les différents continents,  de l'économie liée à ce secteur  d'activité,  de la petite et de la grande histoire des tissus, avec des anecdotes et des faits historiques, depuis  les temps bibliques  jusqu'aux tissus de demain qui n'existent qu'à l'état de prototypes.
 Ce jour là est peut être venu. En effet depuis plus de 15 ans  je travaille sur ce sujet. J'accumule, je recherche, je découvre et j'écris sur tout ce qui peut se rapporter au textile.
Mon idée première était de proposer un ouvrage comportant des échantillons de tissu afin que le lecteur puisse toucher, observer de près avec un compte fil par exemple, des tissus qui se font rares dans les boutiques traditionnelles aujourd'hui. Grande et noble idée mais les éditeurs même si l'idée était séduisante, n'avaient pas les moyens financiers de suivre. Donc  ce sera un ouvrage sans tissu  avec des photos et surtout des textes que pour ma part  et sans me flatter, je trouve passionnants
C'est dans cette optique que j'ai rencontré  un éditeur   lyonnais. Notre contact a été très constructif, puisqu'il porte un jugement positif sur mes '"mémoires de tissus"
 Un problème  se pose et  c'est pour trouver une solution que je m'adresse à vous. Pour pouvoir éditer cette encyclopédie  l'éditeur a besoin de l'aide financière de la région et  pour cela il faut répondre à plusieurs critères
 - prouver que le projet peut aider au développement de la production régionale. Cette condition je la remplis dans la mesure où les tissus velours et soieries que je vends dans ma boutique viennent pour la majorité de Lyon.
-  répondre à un besoin et cette condition vous pouvez contribuer à la faire valoir : il n'existe pas sur le marché d'ouvrage spécifique englobant la totalité de l'espace textile mondial. Donc j'attends vos e- mails attestants de la nécessité d'un tel ouvrage. Je les transmettrai à l'éditeur
- il faut être lyonnais, or  parisienne je suis et parisienne je reste, mon unique point de vente étant au centre de Paris . Alors si certains d'entre vous  sont lyonnais et si ce projet vous intéresse,  n'hésitez pas à m'envoyer un e mail  avec des arguments de poids pour appuyer ma candidature.
Il me semble que nous avons déjà un bon point de départ, l'éditeur est lyonnais depuis plusieurs générations  De vous à moi, j'aime cette ville, mais par dessus tout j'adore les tissus lyonnais, ils ont une histoire qui me passionne, des industriels qui possède un savoir faire  unique au monde,  pour toutes ces raison les tissus lyonnais tiennent une place à part dans mon coeur et dans la boutique

Merci à tous pour vos encouragements
Catherine la persévérante

mercredi 8 décembre 2010

Une des dernières dentellières de Burano

 Venise c'est une ville et c'est de l'eau, mais au delà des clichés touristiques, il faut aussi voir comment fonctionne le quotidien. La cité est approvisionnée par des maraichers et des pecheurs qui habitent les îles environnantes .  Ces landes de terres qui flottent autour de ce bijou sont nombreuses et  c'est là à quelques encablures de l'ancienne douane   si bien réabilitée par un mécène français, que ce trouve Burano. Une voisine de Murano, célèbre dont les artisans verriers ont fait la réputation


 les anciennes douanes aujourd'hui transformées en musée


 Le vaporreto nous emporte vers le large chargé de touristes qui vont quasiment tous débarquer au premier arrêt Murano.  Ceux qui restent  continuent  vers Burano. Une île habitée par une population de pêcheurs, ceux là même qui  approvisionnent  le marché du Rialto. Si toutes leurs maisons sont peintes en couleurs vives c'est dit- on pour qu'en arrivant du pont du bateau ils puissent repérer leur demeure, mais ça c'est la légende qui amuse les touristes. 
En une petite heure on oubli  le bruit,  la foule,  la chaleur de Venise, on respire l'air du large, on déambule doucement, le prochain bateau est dans deux heures et l'île est minuscule. On prend son temps. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de ce bout de terre un peu oubliée qui se rappelle à nous par sa spécialité : la dentelle à l'aiguille
des gestes répétés depuis des années
Les femmes du Burano  ne se contentaient pas d' attendre leur mari marin,  elle mirent leur dextérité au service des plus délicats ouvrages :  la dentelle à l'aiguille. Alors en me promenant j'ai du éviter bon nombre d'attrape touristes proposant à des prix dérisoires des articles,   made in China, ou ailleurs mais rarement réalisé à la main et  à l'aiguille..

. et puis  je suis arrivée dans cette petite boutique  à la devanture fanée, mais à l'intérieur surprise : un véritable musée au centre duquel une dentellière sans âge tirait l'aiguille Un coussin calé sur les genoux, un morceau de tissu en coton ou en lin sur lequel  se cale le calque dépositaire du dessin à reproduire. Les gestes sont précis, les doigts agiles, le regard rivé sur l'ouvrage, parfois un coup d'oeil aux curieux qui visitent la boutique musée et puis le travail repart, comme si cette dentellière était seule au monde, avec le souvenir de l'époque où tout ce qui se vendait comme dentelle sur l'île était fabriqué sur place.
un véritable musée
  Ce savoir faire est précieux, alors si vous êtes de passage n'oubliez pas cette petite boutique bleue, et sa dentellière, la dernière peut être pas mais elle est certainement la mémoire de cet artisanat qui fut  au 17 e et 18 e siècles très prisé par la haute société. Les accessoires de mode en dentelle comme les cols ou les manchettes  étaient largement utilisés dans les cours royales européenes.  Mais le commerce de ce produit devint un luxe qui face à la concurrence des produits manufacturés ne put survivre .  Je ne suis en aucun cas une sauveteuse d'artisanats en péril, mon but est de partager avec vous mes rencontres et mes découvertes. Ensuite, faites passer le message.

lundi 6 décembre 2010

une fée dans sa tour

En passant par là j'ai vu de la lumière et je suis entrée. Cela pourrait commencer ainsi mais non, en fait j'ai fait ce voyage uniquement pour découvrir l'atelier de la belle Susan. Il n'est pas nécessaire d'aller au bout du monde pour découvrir des artistes. A quelques heures de Paris dans un village médiéval de l'Aveyron, il y a Najac



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 et il y a Susan. Grande, blonde, le teint halé, svelte, une silhouette faite pour mettre en valeur ses créations qu'elle porte comme personne et c'est normal, elle a commencé par s'habiller puisqu'elle ne trouvait pas ce qui lui convenait dans le commerce.
Susan et moi c'est une longue histoire et des passions communes qui nous ont rapprochées : le tissu d'abord et puis l'amour du travail bien fait avec une dose de joie, de certitudes, un soupçon de doute,  un petit peu de manque de confiance en soi, et puis aussi le bon vin et les bonnes tables.




 le soleil se couche sur Najac 

C'est dans une tour, un donjon presque une forteresse, parce qu'il faut monter très haut pour parvenir dans ces quelques mètres carrés qui dominent la ville. Dans sa tour d'ivoire, elle est une reine prisonnière volontaire de son travail.


 A Najac, où elle s'est installée par amour, puisque cette américaine a suivi son mari poète, peintre, dépositaire des clefs des ruines du chateau de Najac et guide à la belle saison... Un univers merveilleux dans une grande maison à la façade couverte de lierre, et à l'arrière de laquelle se cache un somptueux jardin. Il n'est pas grand, mais il a tout d'un parc, des massifs de fleurs, des arbres centenaires et ce calme délicieux rompu par quelques piaillements d'oiseaux...
Ce lieu est propice au rêve, à l'écriture et lorsque le soleil brille, notre styliste vient y terminer ses plis à l'ombre des massifs gigantesques d'hortensias.




Les doigts agiles mais meurtris par les surpiqûres de milliers de plis. Elle utilise des matériaux difficiles à maîtriser, comme des jerseys d'une extrême finesse ou des peaux de moutons ou de chèvres.
Ce sont des pièces uniques qui sortent de la tour, et c'est justement ce  tour de force qui force l'admiration. Dans cet environnement si zen, Susan travaille sans horaires, jour ou nuit, soir ou matin selon l'humeur mais elle ne "signe" pas un vêtement sans être satisfaite du résultat.






 Et voilà comment débute cette incroyable histoire des vêtements de Susan. Elle aime la maille et la travaille, la transforme, la coupe, la triture pour en faire un habit de fée. Dans son atelier, on se croirait plutôt chez un sculpteur, les vêtements semblent attendre qu'un client vienne les réveiller. Ils sont  recroquevillés, froissouillés, inertes sur les portants.

 Mais lorsqu'ils couvrent le corps d'une femme, alors ils donnent toute la puissance qu'ils avaient cachée. Et c'est avec grace et volupté qu'ils offrent le plus beau des écrins. Comment donc ? C'est magique, ce petit morceau de tissu peut vous faire tourner la tête, vous rendre belle, belle, belle, différente des autres parce que unique. Le plus de ce travail c'est l'amour qui remplace presque le fil de l'aiguille. Susan se perd dans ses repères, elle compte les points, elle moule, elle essaie sur elle puis sur le mannequin, encore et encore jusqu'à atteindre la perfection. Son imagination n'a pas de limite, la forme d'une peau l'inspire, la souplesse d'un jersey lui dicte une coupe...



 Ce que Susan fait admirablement, ce sont des photos. Celles qui parsèment cette rubrique sont bien sûr signée Susan... Rien que du bonheur à voir cette jeune femme affairée, oubliant l'heure, le dîner, les jours passent, les nuits blanches se succèdent et elle se dit qu'elle a encore beaucoup de choses à faire. Encore une corde à son arc, parce cette jeune femme excelle aussi dans l'art de teindre les étoffes ; elle n'a jamais ou presque utilisé une matière sans la teindre. Sa cuisine de couleurs est au sous-sol. Elle a sacrifié deux machines à laver uniquement pour ses teintures. Mais superbe réussite des demi-tons, des teintes indéfinies, des couleurs uniques, des harmonies si douces. Jamais forte, jamais faible, jamais douceâtre, la couleur est simplement parfaite laissant la vedette au vêtement sans pour autant cesser d'exister.
Susan vit au rythme des saisons.
C'est le rouge de l'automne





et le vert tendre du printemps


Comment ne pas faire des merveilles lorsque l'on vit dans un tel endroit ? Un jour peut être sur le portant d'une boutique comme l'Eclaireur vous verrez une veste ou une robe créée par Susan Waller Maurau et alors vous vous souviendrez de cette description et de mes souvenirs enchantés.

 C'est un plaisir de pouvoir partager avec vous ces émotions textiles et tactiles. J'espère que ce quelques lignes vous donneront  l'envie de découvrir cette personne et ses pièces uniques. Vous désirez en savoir plus sur Susan Waller Maurau alors  allez visiter le site NJAL, not just a label  ou encore  susanwallermaurau.com
et pour la contacter s.w.m.@wanadoo.fr