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lundi 27 juin 2011

Longue vie à vos soies !


Le bon entretien des tissus et par conséquent de vos vêtements est le garant
de leur longévité  Si vous lavez en machine un vêtement qui doit
expressément être nettoyé à sec, si vos pulls rétrécissent, si vos jupes se
détendent, si vos chemises déteignent, si vos nappes blanches jaunissent
c’est que le code d’entretien n’a pas été respecté…
Avec ces quelques conseils vous éviterez les pièges et les erreurs.

Pour commencer voici quelques recettes pour entretenir vos articles en soie
Qu’ils se nomment bourrette, gazar, crêpe, satin duchesse, twill, taffetas,
ou encore  shantung ces tissus bien qu’ils se présentent sous des aspects
différents (mats, brillants, raides ou souples) sont tous fabriqués à partir
d’une même fibre : la soie.

La manière dont il faut prendre soin de ces étoffe est fonction de leur
aspect. Les guides d’entretien que l’on trouve sur les étiquettes  sont trop
généralistes  

En achetant un article en soie vous avez aussi pris conscience qu’il
méritait toute votre attention et que



Le lavage
Le fil de soie est très solide, mais à l’état humide il se fragilise c’est
pourquoi il convient de les traiter avec précaution lors du lavage.
Vous avez un foulard imprimé. Assurez vous avant de le laver que les
couleurs sont grand teint. Si l’étiquette ne le précise pas alors faites un
essai. Prenez un bout de tissu en coton clair et humidifiez le . Ensuite
frottez une partie imprimée( sur l’envers du vetement, sur l’ourlet par
exemple) avec ce coton, si la couleur déteint sur votre tampon cela signifie
que les couleurs ne sont pas solides. Cela implique un premier nettoyage à
sec pour fixer les couleurs. Ensuite vous pourrez laver votre chemisier mais
en prenant toujours quelques précautions


Votre chemisier en soie s’il n’est ni imprimés grand teint, ni brodés, vous
pourrez le laver sans problèmes. Dans le lavabo dans l’eau tiède, faites
dissoudre la poudre de savon puis déposez votre vêtement. Il peut absorber
plus d’un tiers de son poids en eau sans pour autant sembler mouillé.
Laissez tremper quelques minutes avant de commencer le lavage. Agitez l’eau
avec les mains puis frottez très doucement le tissu. C’est très agréable de
manipuler la soie dans une eau tiède, ne vous privez pas de cette
expérience, évitez le lavage en machine. La soie se salie peu, mais si vous
transpirez beaucoup et que votre vêtement est de couleur sombre, des
auréoles dues à la transpiration peuvent apparaître , il suffit de verser
quelques gouttes de vinaigre blanc dans l’eau de rinçage et elles
disparaîtront. Par contre je vous suggère de procéder des lavages fréquents.

Lorsque vous lavez un foulard ou un chemisier en soie imprimé assurez vous
que les couleurs sont fixées,(frottez sur l’envers du tissu avec un bout de
coton blanc humide, si le coton reste blanc, la couleur est solide) donc pas
de risque au lavage dans le cas contraire, si le bout de tissu blanc est
coloré faitez un premier nettoyage à sec qui fixe la couleur, ensuite vous
pourrez le lavez à la main. Ne le laissez pas trempez, rincez rapidement
puis étalez le sur une serviette éponge et roulez l’ensemble comme on le
fait pour un roulé au chocolat. Le tissu va sécher lentement, le surplus
d’humidité va être absorbé par la serviette. Ensuite vous n’aurez plus qu’ à
le repasser encore un peu humide. Laissez sécher à l’air avant de le ranger
. Ne jamais ranger un tissu humide attendez qu’il soit bien sec pour éviter
les moisissures, le jaunissement…
 Si votre vêtement est en taffetas, en satin duchesse, si il est brodés,
imprimés alors le nettoyage à sec est recommandé.
Le taffetas est raide, cassant,  brillant, et l’eau risque d’altérer ces
particularités 

Attention aux boutons :
 En plastique ou en métal, en nacre ou en bois, ils doivent être protégés si
votre vêtement est nettoyé à sec.  Soit vous les retirez avant d’aller chez
le teinturier, soit vous les protégez en les enveloppant dans un petit
morceau de tissu blanc de préférence, soit vous venez en acheter d’autres
chez De Gilles après le nettoyage.

Le repassage est  un passage obligé en ce qui concerne la soie
Repassez la soie encore humide, sur l’envers, sans vapeur, et surtout sans
appuyer votre fer sur les coutures . Jamais de fer trop chaud, la soie
déteste les fortes températures mais également les rayons du soleil. Pour
des doubles rideaux en soie prévoyez une doublure en coton si vos fenêtres
sont plein sud. Une soie brûlée (fer à repasser ou soleil) se déchire comme
une feuille de papier.
Ce qu’il faut faire

 Ce qu’il ne faut pas faire
Repasser le vêtement encore humide avec vapeur
Laver en frottant et en laissant tremper longtemps un article en soie
imprimée
Ranger dans un placard, une armoire ou un tiroir un article en soie encore
humide
 Mettre la soie au sèche linge
 Faire sécher la soie près d’une source de chaleur ou directement au soleil
Utiliser de l’eau de javel comme détachant ou agent blanchissant
 Utiliser une lessive meme douce contenant des agents blanchissant pour
laver une soie sombre Le noir deviendra gris.

Le détachage

Ce qu’il faut avoir dans le tiroir pour laver et détacher des articles en soie
Du savon en paillettes ou du shampoing doux pour le lavage à la main
De la terre de sommières (poudre d’argile détachante) pour oter les tâches
de graisse
De l’alcool à 90° pour  les tâches de stylo, d’encre , les traces de
maquillage
De l’eau oxygénée pour les taches de sang.
De l'eau gazeuse (surtout pour les nappes blanches tachées par du vin rouge) attention pas de sel, il fixe la couleur et ne fait rien dispaître) C'est pourquoi je préconise d'avoir toujours de mettre une bouteille d'eau gazeuse sur la table justement lorsque vous sortez vos plus belles nappes. Si par malchance ou par maladresse il arrive que le vin coule, ou qu'un verre se renverse, vous aurez sous la main la "bouteille de premiers secours"
Maintenant vous voilà maître du destin de vos articles en soie. Acheter de la soie, porter de la soie, aimer la soie, c'est presque naturel parcequ'il y a quelque chose de magique dans cette fibre légère, gracieuse, délicate, isotherme.... Si la soie vous rend heureuse, si la soie vous confère un  bien être somptueux, si la soie vous offre toutes ses richesses, en retour sachez que vous lui devez des égards au niveau de l'entretien. Cela vous prendra du temps, de la patience, du savoir faire. C'est donnant donnant, et surtout au final gagnant gagnant.







Just do it

 Si l'on veut faire tout ce qu'on doit, on a plus le temps de faire tout ce qu'on aime.  Sauf si ce que l'on aime faire coïncide avec ce que l'on doit faire. 

samedi 18 juin 2011

La mémoire de tissus dans tous les sens n°5


Une dernière fois je vous propose d'aller à la rencontre sensitive des étoffes, en mettant  en œuvre un des sens qui n'a pas encore été utilisé  

L'EXPERIENCE VISUELLE
La vue
C'est la plus évidente, celle à laquelle on fait appel généralement, les souvenirs d'une robe fleurie, d'une couleur d'une blouse d'école,( la mienne était bis,  avec mon nom brodé en rouge sur le haut de la poche)   que nous détestions mais dont le port était obligatoire jusqu'en 1968 obligatoire), l'éclat une tunique en soie.Je suis certaine que vous aussi vous pourriez  trouver des dizaines d'exemples, des moments magiques où la vue d'une étoffe s'imprima dans votre mémoire.
Le tissu nous le découvrons bien évidemment avec les yeux. Et même si aujourd'hui le catalogue des  s textiles est réduit à sa plus simple expression,  il est aisé de différencier au premier ou au second coup d'oeil, un lainage d'une soierie, et un lin d'un polyester d'un simple regard. Ce qui nous renseigne   s'est la manière dont un satin se joue de la lumière , c'est le grain hirsute d'un lainage cardé, c'est le tomber magique d'un crêpe, c'est les plis cassant d'un taffetas, c'est la côte qui grimpe à 45° sur l'endroit d'une gabardine, c'est l'entrecroisement régulier des fils de trame et de chaine d'une toile. Le regard est un élément de vente pour les fabricants de tissus et les couturiers. Dans un défilé de mode, c'est à la vue de l'assistance que l'on s'adresse, bien que parfois c'est l'ouïe qui est agressée par l'ambiance sonore. Dans les magazines mode les photos   sont très élaborées, le rendu des étoffes est mise en scène de manière à vous convaincre, vous subjuguer, vous impressionner et tout cela passe par la vue.
La vue c'est le  contact  le plus simple et pour terminer en beauté ce chapitre voici une petite expérience qui requiert un instrument indispensable pour tous ceux qui s'intéressent au tissu : un compte fil. En regardant un morceau de tissu  à travers ce petit appareil  vous allez voir l'invisible, vous aller découvrir l'infiniment petit, vous allez comprendre le tissu, et parfois c'est un extraordinaire spectacle qui va vous ravir la vue. 

Maintenant  grâce à vos cinq sens vous allez pénétrer dans cet univers textile si quotidien et finalement si mystérieux, qui  de la naissance à la mort, du soir au matin, du jour et de la nuit nous accompagne
Faites vous votre propre opinion, cherchez dans votre mémoire les souvenirs textiles et fabriquez vous   points de comparaison, constituez votre musée textile personnel et parlons en.  

jeudi 16 juin 2011

la mémoire de tissus dans tous les sens N°4

L'exploration des tissus continu avec vos sens. Aujourd'hui  vous allez découvrir la saveur des étoffes.


L' EXPERIENCE GUSTATIVE
Le goût
Une dégustation textile est une chose  qui pourrait sembler excentrique et pourtant...
 Je vous dévoile une jolie recette que vous pourrez utiliser en lieu et place d'un jeu de société par un après midi pluvieux où lors d'une soirée entre amis. Distribuez une assiette garnie par personne. Vous y aurez préalablement disposé quatre ou cinq échantillons de tissus en soie, laine cardée, lin, coton, chanvre. Des morceaux découpés en forme de carré,  rectangle,  cercle et de couleurs différentes juste pour flatter le regard. Choisissez des tissus de textures différentes pour faciliter le  test à l'aveugle.
Il ne faut pas toucher les tissus  avec la main, parce que la reconnaissance tactile pourrait tout fausser.  Je vous laisse trouver une solution . Une fois l'échantillon de tissu placé sur la langue il  reste à  chacun décrypter  le textile avec les papilles. Bonne dégustation
Je vous dévoile mes propre réactions, cependant tout cela est très subjectif puisque lié au type de tissu et à la sensibilité de chacun. A  vous de jouer.
 Un morceau de laine cardée sur la langue, tissu pétillant et ces milliers de picots  chatouillent les papilles. La saveur? douce
 La soie,  adhère sur la langue,  comme de la barbe à papa, au bout de quelques instants, la consistance du tissu disparaît.
Le coton lui, humidifié par la salive conserve sa tenue et selon l'importance des apprêts c'est un goût âpre, ou insipide, le coton habite son espace, on le sent.
Le lin se déguste comme une gourmandise, il est légerement sucré.
Le chanvre, non on ne le fume pas, on le pose sur la langue, on peut le mâchouiller éventuellement. L'image liée au chanvre influence notre cerveau . Pour moi le chanvre c'est une fibre végétale associée à l'herbe, au  jardin,  à la nature. J'ai l'impression curieuse d'avoir un  brin d'herbe fraîche dans la bouche  et rien d'autre ou presque je vous l'assure.



mercredi 15 juin 2011

La mémoire de tissus dans tous les sens N°3



L'EXPERIENCE TACTILE
Le toucher
Comptons sur nos doigts et nos mains pour découvrir d'autres sensations textiles. Par exemple le velours
 ce tissus dont on parle pour sa douceur, certaines personnes ne peuvent absolument pas le toucher. C'est une répulsion immédiate semblable au grincement provoqué par la craie sur un tableau noir qui indispose tant de monde.
Toucher un crêpe satin de soie,  caresser une soie,  c'est un plaisir, c'est une joie, c'est  une récompense pour moi qui évolue toute la journée dans un univers textile. Son  toucher est  étrange, il glisse comme un anguille sous les doigts, il est  indiscipliné,  muet. Passer la main sur la surface lisse et froide d'un taffetas c'est c'est un peu toucher de la porcelaine par contre le taffetas lui. Manipuler le taffetas n'est pas chose facile, il est raide, volubile, cassant et lisse comme une peau de bébé. Sous les doigts sentez les côtes et les creux qui rythment la surface d'un twill.
La laine peignée sera froide au toucher, et plate, sans relief, par contre la laine cardée plus épaisse chatouille la paume, réchauffe les doigts, et parfois provoque de légers picotements sur le dessus de la main si vous êtes allergiques. Pour tous ceux qui ne supporte pas les petits poils de la laine sur leur peau, je conseille la laine d'agneau ou le  cachemire. Un joyau qui ne demande qu'à vous réchauffer. Sa texture contredit son efficacité il est  doux, gentil, délicat et d'une efficacité redoutable, le plus chaud et le plus léger de toutes les fibres textiles. . Mettez dans une main une écharpe en laine et dans l'autre une écharpe  en cachemire, le poids vous guide, mais la chaleur vous renseigne sur la matière. C'est un souffle sur la main, une brise, un rien qui fait tout, une caresse.
Reconnaitre un seersucker au toucher, "fastoche" ce tissu dont le nom signifie en hindi sucre. Sa surface est reliéfée, bosselée comme j'imagine un paysage lunaire.
Il est des étoffes dans lesquelles on a envie de se rouler, avec lesquelles on rève de se fabriquer un cocon, ce sont des tissus tactiles positifs, par contre il est des tissus qui sont techniquement parfaits mais qui n'incitent pas au rève. Ainsi le polyester il est rêche sous les doigts, le lin est frais au toucher,  la ramie elle est froide, et puis et puis l'acrylique qui imite si bien la laine que les yeux fermés, il est difficile de les distinguer simplement au toucher, et ici je ne mentionne pas les mélanges, inutile alors d'essayer. L'imagination n'est pas excitée par leur présence, et les sensations tactiles engendrées par ces fibres textiles sont quasiment inexistantes
en tant que professionnelle, le toucher est important dans le choix d'un tissu. La décision de l'acheter ou de laisser va souvent dépendre de sa main justement, c'est à dire  qu'un tissu peut être, creux, inerte, plat, mort, ou bien vif, nerveux, souple, présent.  La main est un élément clé dans le jugement qualitatif.

la mémoire de tissus dans tous les sens N°2


 Bonjour, aujourd'hui comme promis voici un autre volet de la découverte sensorielle des tissus
L'EXPERIENCE OLFACTIVE
L'odeur. Un tissu neuf ne sent guère que l'apprêt et peut piquer  les yeux, chatouiller les narine,  un tissu peut aussi sentir la poussière et  faire éternuer les personnes allergiques,  un tissu  peut aussi ne rien sentir, ne rien véhiculer, être neutre. Mais il est des fibres comme le jute qui sentiront éternellement la poussière et c'est justement un moyen de différencier le jute du chanvre.
L'odeur c'est aussi un moyen de distinguer la viscose, de la  laine, du polyamide. Approcher un   morceau de tissu en acétate près d'une flamme, le tissu brûle en dégageant une ôdeur acre vous  titille  les narines. C'est en fait l'acide acétique (vinaigre) qui picote.
La laine  comme la soie brûle en dégageant une ôdeur reconnaissable même si votre nez n'est pas aussi éduqué que celui d'un parfumeur  : celle de la corne ou de cheveux brulés, viande carbonisée.... Les ongles, les cheveux, la laine, la soie, le crin de cheval contiennent un ingrédient commun la kératine qui dégage cette odeur particulière.
 Le polyamide, nom savant du Nylon marque déposée , matière chimique s'il en est,  fond à l'approche de la flamme et le résidu couleur ambre sent le céleri. Attention n'approchez pas trop votre nez du tissu chaud, il peut se coller à la peau.
Ceci vaut pour l'expérience "scientifique" mais maintenant adressons nous à notre mémoire olfactive
Si je fait appel à mes souvenirs, je pense instantanément à l'odeur de la laine humide. Une promenade dans la campagne normande, nous partîmes sous le soleil, mais nous revinmes sous la pluie. Une pluie chaude d'été, et j'eu l'impression que mon cardigan en laine  avait absorbée toute l'eau du ciel, j'avais sur les épaules un poids étrange. Ce vêtement pris son temps pour sécher, et cette odeur particulière, persistance, de la laine humide   je la garde en mémoire, et chaque fois que je lave un pull en laine ce souvenir refait surface.  Mon odorat fait partie de ma mémoire textile. Je remonte à ma petite enfance, époque où mon doudou était sacré, son odeur surtout. Comme Linus, je trainais partout ce petit morceau de couverture,  qui me réconfortait parce que son odeur c'était celle de maman, celle de la maison, celle  qui était juste à moi. Et un jour maman par inadvertance mélangea mon petit bout de couverture  qui avait été rose   avec le linge à laver et mis le tout dans la machine... Plus rien ne fut comme avant, l'odeur du linge propre et fleuri avait tout effacé  Et pour vous quel est votre souvenir olfactif?

mardi 14 juin 2011

La mémoire des tissus dans tous les sens N°1


Toucher un tissu,  voir un tissu jusque là rien de bien étonnant ,  mais   goûter, écouter ou sentir un tissu? Là, je vous sent dubitatif. Alors lachez prise un instant et laissez votre imaginaire vous conduire et  découvrez le textile autrement.  C'est vous qui menez la danse, ce sont vos sens qui sont les héros de cette expérience essentiellement subjective.   C'est aussi un voyage  aux sources de vos souvenirs olfactifs, gustatifs,  tactiles, visuels,  auditifs, car notre mémoire est aussi constituée d'archives sensorielles. C'est drôle, passionnant, étonnant, curieux, mais profondément émouvant, parce que ces souvenirs fugaces ,  liés au bruit, au toucher, à la vue ou à l'ôdeur d'un vêtement,  ou d'un tissu  et  parfois il suffit de peu de chose, les voilà qui remontent à la surface.
C'est vrai, l'émotion, les sensations,  les souvenirs ce sont mots des  reviennent souvent dans mes reflexions  . Si mon approche  du tissu  est très particulière  cela est dû évidement  à mon enfance passée dans  un contexte familial terriblement "textile".  Essayez vous aussi de vous servir de vos cinq sens pour découvrir les textiles d'une manière moins conventionnelle, sur un mode ludique.

L'EXEPERIENCE AUDITIVE
L'ouïe.
Tendez bien l'oreille et écoutez la musique des tissus :  le cri  aigu de la soie, le bruit  vif d'un coton qui se déchire, le silence pesant de la laine que l'on froisse... Le jour où j'ai entendu ce bruit sec, ce bruit provoqué par un incident bien inofensif, ce bruit qui me fit venir le rouge aux joues... Le tissu de mon pantalon venait de céder lamentablement, et forcément à l'endroit où s'exercent des tractions importantes. Je m'étais penchée un peu brusquement pour ramasser un objet tombé à terre, et mon pantalon ne résista pas à ce coup de force. Ce bruit je l'entend encore. Maintenant c'est à vous. Prenez un morceau de coton, entaillez le légerement et maintenez le tissu entre vos deux mains puis tirez d'un coup sec. Le bruit, est sonore, vif, maintenant refaites la même expérience avec un morceau de laine, écoutez, analysez.: le bruit est étouffé, presque insignifiant,  comme un épais brouillard qui se fend, mais le plus incroyable c'est la parole d'un taffetas de soie que l'on déchire c'est un cri, un cri de rage,  aigu, joyeux, clair comme l'eau qui coule d'une cascade.
Encore un bruit? Je vous propose de froisser entre vos mains un bout de taffetas de soie. Constatez vous même ce crissement, près de votre oreille, cette soie n'est pas docile, elle résiste, elle discute, elle marchande, et puis elle s'avoue vaincue, elle reste froissée et puis  muette.
La laine sera insensible à vos manipulations, aucun bruit ne sortira de vos mains, même si vous mettez le morceau de laine en boule, sa colère est rentrée, froissée elle se défroisse, elle desserre l'étau, sans marques. Ainsi chaque fibre se distingue aussi avec  l'ouïe.
 Un jour peut être un musicien composera une symphonie internationale, une ode aux tissu  Un  tweed irlandais pour le do, un super 100 italien pour le ré, un  velours palatine allemand  pour le mi, une cotonnade légère suisse pour le fa, un lourd  satin duchesse  lyonnais pour le sol, une mousseline de soie italienne pour la et le plus aigu de tous le taffetas de soie si. ainsi nous n'aurons plus do ré mi fa sol la si mais tweed, super 100, velours palatine, cotonnade, satin duchesse, mousseline, taffetas !  A cet hypothétique concert,  tenue sensorielle de rigueur.
A demain pour l'expérience olfactive

mercredi 8 juin 2011

Madam Bonbon vous reçoit dans son appartement /boutique à Riga

Qu'ai-je rapporté de mon escapade à Riga, captitale de la Lettonie, ce petit pays blotti entre la Lituanie et l'Estonie ? Quelques mètres de lin damassé,
des photos et puis une jolie adresse : celle d'une boutique pas comme les autres "Madam bonbon" est située dans une des plus belles rues de Riga, bordées d'immeubles art déco, avec des façades colorées et sculptées, toutes différentes et fort bien restaurées.
A Paris, ce concept store appart/boutique commence seulement à se développer. Chez De Gilles il y a une ébauche avec les meubles et les tapis de famille disséminés un peu partout entre les rouleaux de tissus et les tables de coupes.


                                        Chez de Gilles Tissus c'est un peu la maison des tissus
Sous ce plaid se cache un joli canapé style Louis XV

Le plateau de verre est supporté par quatre magnifiques chevaux 

Chez Madam bonbon vous ne trouverez ni sucreries, ni patisseries, non c'est le lieu à Riga où les chaussures sont reines. Une petite vitrine attire l'œil, intrigue le client potentiel en présentant une chaussure "méduse" revisitée, non pas celle de toutes les couleurs que nous portions à contre cœur pour aller à la plage, celle qui est devant moi est composée de pastilles en plastique transparent, avec une forme boots. Au toucher, c'est un peu de la jelly anglaise, mais au moins cela à eu le mérite de piquer ma curiosité et de me faire pousser cette porte. Quelques marches à descendre pour parvenir à un petit vestibule où trône un téléphone en bois accroché au mur. Pour un peu on serait tenté de décrocher et de demander à la préposée le 22 à Asnières. Dépaysée, oui comme plongée dans "good bye Lenin", c'est insolite et amusant. Des présentations innatendues : des chaussures très belles, sophistiquées, presque des objets d'art, importées d'Espagne, crées par Pura Lopez ou Chie Mihara sont déposées comme des offrandes gourmandes sur des plateaux à gâteaux au dessus du frigo. Imaginez encore des escarpins, des stilletos, des ballerines lassivement étalées sur le lit, dans la chambre à coucher.


Plus décoiffant encore, la salle de bain sert d'écrin à quelques modèles de souliers hauts en couleurs et en hauteur.

J'aime vraiment cette authenticité fictive. J'aime cette pointe d'insolence parce qu'il faut oser proposer des souliers à 300 euros posés au-dessus de la cuvette des wc.

J'aime cette idée de transformer une robe du soir en une silhouette fantomatique qui habite la chambre  à coucher.


 J'aime le mélange des genres et des matières des souliers, des sacs, des robes, du  cuir,  du daim, de la soie, du lin. J'apprécie la qualité de la sélection des articles proposés. Dans la collection de vêtements ce sont des pièces uniques, originales et très féminines. On sent combien les stylistes partagent avec passion cette aventure. La créativité est présente dans tous les modèles. Cette jupe plissée blanche et noire, cette robe aux deux lins gris et organza blanc, et puis ce pantalon en maille de lin d'une fluidité irréelle c'est craquant. Il faut aussi compter avec les rayons du soleil qui semblent ne pas vouloir se coucher en ce mois de juin, et  qui donne une lumière irréelle à la chambre.

Ce deux pièces cuisine salle de bain est un espace libre pour les clientes ; circulez il y a beaucoup de choses à voir. Eugène, le responsable à la fois conseiller, vendeur, caissier, vous laisse tranquillement flâner dans cet univers. Belle idée que de proposer une chaise ou un fauteuil afin de s'assoir autour d'une table de salle à manger pour régler la facture c'est plus cosi que de faire son code de CB dans un boitier.

Si vous avez vu "Good bye Lenin" alors vous serez vous aussi conquis par cet endroit qui ne se prend pas au sérieux, mais qui recelle pleins de trésors. Le talent est présent dans chacun des produits sélectionnés.
Entrer chez Madam Bonbon c'est un peu entrer dans un décor "dada", où Duchamps aurait placé un urinoir dans le salon et Elsa Schiaparelli porterait sur la tête un chapeau en forme de chaussure dessiné par Dali.
C'est encore une recontre inattendue qui reste un joli souvenir de voyage et que je partage volontiers avec vous : Madambonbon, Alberta iela Riga. Et derrière "Madam bonbon" drôle de nom pour une boutique, il y a  une jeune femme pleine d'inventivité Vanda Strautmale et toute une équipe composée  de personnes talentueuses, passionnées et créatives comme nous les aimons.