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mercredi 30 novembre 2011

UNE BALLADE TEXTILE IRLANDAISE

 Donegal et Connemara  des régions  du bout du monde pourtant à une 1h30 d'avion de Paris.  Les traditions font partie de la vie quotidienne des habitants. On vit à l'heure du soleil, lorsqu'il y en a, mais dès novembre, la nuit est bien plus présente que le jour. On s'y croit seul,  sur les routes étroites on croise   plus souvent des moutons que des voitures

 les villages aux maisons colorées se succèdent mais bien peu de monde dans les rues. Sur les plages dont les limites se perdent dans la brume, dans la campagne battue par les vents l'homme est quasiment invisible, seuls  les moutons à tête noire occupent les lieux, silencieusement mais surement.

l'horizon est noyé dans la brume
Avec une palette des couleurs  qui varie en fonction de la luminosité la nature sauvage nous  plonge dans l'univers des impressionnistes

  les vagues qui se fracassent contre les falaises  vous envoient les embruns en pleine figure comme une gifle

  tout au nord la mer se confond avec le ciel


Le tweed irlandais est à l'image de cette nature : simple, sauvage, forte, humaine.

Pourquoi ces tissus possèdent t ils cette gamme de couleurs si particulière? Parce que les tisserands utilisaient les moyens du bord pour la teinture : lichens, baies, racines... Voila le secret de cette osmose textile/nature qui aujourd'hui persiste malgré l'utilisation de plus en plus fréquente des métiers  mécaniques et des teintures artificielles.

Existe t il dans le monde un tissu  qui traduit si bien  la nature environnante?  En observant l'un on découvre l'autre ? Regarder un tweed c'est découvrir l'Irlande. On y retrouve le sol aride, parsemé de pierres blanches ou noires et c'est le fameux salt and pepper



La chaussée des géants, un nature rude et  un tweed à chevrons qui se métamorphose en pierre!
la pierre  brute qui ressemble à un tissu , et le tweed gris  à chevrons qui se  métamorphose en pierre



                                              l'herbe est verte et le tissu aussi
ce tissu aurait pu   être tissé avec l'herbe de ce champ

Ce patchwork résume en quelques couleurs l'âme de l'Irlande

 le parme c'est la couleur des merveilleux hortensias qui décorent les jardins et l'orange c'est l'or des cheveux des irlandaises
le rose c'est pour les filles en souvenir des baies et les fleurs sauvages  qui en été envahissent le bord des chemins

                                          



                                                                                                                                          
l'eau semble avoir déteint sur le gilet






 un ciel capricieux qui est en mouvement perpétuel passant du bleu au gris et toutes les autres nuances  et le tissu aussi




La couleur du ciel, la violence des vents, la présence de l'eau, l'odeur si particulière de la tourbe qui brûle dans toutes les cheminées

Dans les grandes tourbières du connemara les briques de tourbes sèchent sur le lieu de la récolte. 

.Comment ne  pas être séduit  par ces paysages ,  ces animaux valeureux qui vivent tranquillement au bord des falaises sans se soucier des rafales de vent,  ces habitants qui perpétuent les traditions culturelles et culinaires 
 et surtout par ce tissu qui représente la somme de toutes ces spécificités?




mardi 15 novembre 2011

Collection d'automne mi -fugue mi- raison



La laine bouillie,  recette d'automne

Fouler  le sol couvert de mille feuilles rousses, qui collent  aux semelles, ou qui
s'éparpillent joyeusement devant nos pas au gré d'un courant d'air,  c'est amusant.
C'est agréable de marcher sur ce tapis qui étouffe le bruit de nos pas, et qui sent si bon l'automne.
Un sentiment curieux m'envahie, qui me fait penser à la laine bouillie. C'est une étoffe calme, qui étouffe les bruits, et son moelleux   annonce l'hiver  comme l'autonme aussi. Nos pas sont lourds et nos enjamées larges,  les galoches nous ancrent dans la terre avec force,  c'est rassurant, s'emmitoufler dans un manteau en laine bouillie aussi.

Le Harris Tweed  récolte d'automne
Ramasser des champignons qui se cachent sous la mousse au pied d'un grand chêne,  c'est sentir la terre et penser à une veste en Harris Tweed qui portent haut et fort les couleurs de l'automne. La mousse, les fougères, la lande, les moutons et le vent voilà ce que les Tweed nous racontent.


La mousseline de soie brume d'automne
Se promener sur  la plage  par gros vent c'est un comme  manipuler un métrage de mousseline de soie près d'un ventilateur, les grains de sable s'enfuient sous nos pas, voltigent, tournoient, ils semblent courrir pour atteindre un but invisible au loin, comme la mousseline qui se débat lorsqu'on veut la couper, qui glisse sous l'aiguille de la machine, qui coulent entre nos mains. La mousseline c'est une brume insolite qui gomme les contours des formes, pour ne laisser que des ombres.


Le mohair compagnon d'autonme
Rentrer de la promenade, dans une maison  qui sent les marrons qui grillent doucement dans la cheminée et se blottir dans le plaid en mohair écossais. L'automne est décidémment une saison textile.

La nature se prépare à prendre ses quartiers d'hiver, elle déshabille les arbres pour habiller le sol de somptueuses couleurs dites automnales.
Oui, l'automne est une saison à part entière, non pas une demi -saison, une arrière saison, elle ne fait pas les choses à moitié. Elle est forte mais tout en nuances. Il me semble que plus on vieillit plus on apprécie ce moment de l'année relativement paisible qui magnifie la nature après les grandes chaleurs avant les grands froids...




lundi 14 novembre 2011

Rapide comme l'éclair





En 1880 aux USA  le monde de la mode était sur le point de laisser tomber les lacets, laçages et autres complications de fermeture. Le laçage des corsets des femmes et le boutonnage des bottines des hommes prenait trop de temps, quand il ne fallait pas avoir besoin  de l'aide d'une âme charitable. Time is money..
Elias Howe tenta  vers 1850 de mettre au point un moyen de faciliter la fermeture des vêtements féminins, mais les résultats ne furent pas couronnés de succès. L'inventeur mis son potentiel au service d'une autre invention. Et ce fut la première machine à coudre! Un certain Whitecomb Judson, chercheur de son état repris    l'idée de Howe,  améliorant  le système  de  petits maillons métalliques à ergots et à encoches qu'un principe de glissière permettrait de réunir ou de séparer. La fermeture à glissière était en passe d'être inventée , et et le  quotidien  des fashion addict bien simplifié. Judson déposa le  brevet en 1881. Le Prince de Galles  étonnera les américains par la vitesse à laquelle il pouvait enfiler ses pantalons équipés d'une fermeture à glissière. La première apparition publique de la "fermeture à glissière" eut lieu lors de l'exposition  de Chicago en 1883. Les prototypes n'étaient pas encore réellement au point et donc non destinés à la vente. Un industriel Lewis Walker fut fort intéressé par cette nouveauté. Il  fonda avec Judson une société d'exploitation du brevet. Les deux hommes crurent profondément au développement mondial de cet objet et créèrent" Universal Fastener Co" société de la fermeture universelle. Les premiers modèles furent réalisés à la main, mais il fallut ensuite imaginer une machine capable de les fabriquer afin de pouvoir exploiter industriellement le brevet. Les choses furent plus périlleuses que prévu et après un demi siècle de recherches, Judson abandonna. Pour éviter la ruine, son associé Walker persévéra. Il fit appel à un ingénieur suédois, un certain Gédéon Sunback pour tenter de fabriquer la machine qui ferait ces fermetures... Hélas, il ne réussit pas plus que les autres, dans les premières années. Ce n'est que vers 1913 qu'il mit au point une machine capable de produire des fermetures à glissières vendables. Mais les clients potentiels n'y crurent pas dans l'immédiat et la société perdit encore beaucoup d'argent. En 1921, la compagnie Goodrich lança des "snow boots" avec une fermeture à glissière à la place de boutons. Ces souliers étaient vendus sous la marque "Zipper"  et le succès fut immense et les clients ne tardèrent pas à nommer cette invention Zipper ou Zip



En 1927, l'invention commença à rapporter de l'argent. Un tailleur de Brooklyn utilisa cette fermeture à glissière pour les ceintures à goussets des marins américains. L'armée américaine, convaincue du gain de temps de ce mode de fermeture l'adapta aux combinaisons des aviateurs.
La société Universal Fastener and Co devient la société Talon en 1928. La fabrication des fermetures Sundback avait été consentie à plusieurs sociétés étrangères. Ainsi en France, en 1924, la société Davey Bickford Smith  implantée au Petit Quevilly, près de Rouen donna le nom de  "Fermeture Eclair"  à ce curieux accessoire que nous utilisons au quotidien. 

En 1931, un tailleur "avant gardiste" utilisa la fermeture à glissière pour les vêtements civils.  En Europe,  la haute couture parisienne utilise la fermeture à glissière de la marque Eclair.  Elsa Schiaparelli qui ferme ainsi quelques unes de ces  robes (du col à l'ourlet).

Ce système de fermeture est généralement désigné par le mot zip  ou zipper dans les pays anglo-saxons, mais en France c'est  la fermeture Eclair (pour rapidité)  qui   utitilisé comme un nom commun à l'image de frigidaire ou nylon, en fait à tord puisqu'il s'agit de marques déposées


Depuis le succès de cette invention ne s'est jamais démenti, bien que soit apparu un sérieux concurrent : le velcro mais ceci est une autre histoire.

  


mercredi 9 novembre 2011

Gazar, vous avez dit Gazar, comme c'est bizarre!

Ce mot résonne plus qu'il ne décrit,  ce mot claque  haut et fort, ce mot  claironne son appartenance à la famille des gazes, ce mot est une image qui excite l'imagination. Le gazar est plus qu'une simple étoffe, parce que entre les fils il y a une part de magie.
L'espace  obtenu par un tisssage lâche,  offre une liberté inattendue à ces fibres de soie à peine décreusée.  Le gazar est complexe, de caractère ombrageux et autoritaire,  il ne tient pas en place, il cache son jeu,  il est malléable et indocile, il est volumineux et plat, il est là où on ne l'attend pas, il  force l'imaginaire, il magnifie les réalisations . Si c'est un conte de fée pour l'oeil c'est un enfer pour les couturières mais le résultat est époustouflant.


Le gazar fut porté sur les fonts baptismaux en 1958, par deux célébrités du monde de la mode : Gustave Zumsteg créateur de tissus  pour la société textile Abraham et Cristobal Balenciaga. 
Ce tissu largement utilisé par le couturier, est devenu une star  lorsqu'il fut choisit pour la création d'une robe de mariée en 1967. Modèle simplement simple, aux lignes limpides, courbes et épurées, . C'est tout le talent de Balenciaga qui à utilisé tout le potentiel du gazar. Cette  tenue eut été impossible à confectionner avec une étoffe plus souple.  
Le gazar se sculpte plus qu'il ne se coud, il permet de créer des volumes, des vêtements en 3 D tout en douceur et rondeur.

Le gazar est une idole que l'on venère et  que l'on ose à peine utiliser de peur de la maltraiter.
Novices s'abstenir de  travailler ce garnement. Il glisse, il resiste, il fait le dos rond mais quelle élégance lorsqu'il se fait volant, col, poignets, manteau...

Le gazar est un tissu qui  appartient à l'univers de la Haute Couture. Il règne sans partage sur un luxe invisible. Sobre et  élégant il est utilisé avec parcimonie par les grands noms de la haute couture.
J'aime son aspect  débonnaire, son toucher craquant, sa fausse humilité, sa nervosité. Il me facine par sa prise de pouvoir  et sa manièire d'occuper l'espace  mais il m'effraie lorsque je dois couper un métrage.

Le gazar gagne à etre découvert, et j'espère que ces quelques lignes vous donneront envie de le rencontrer

mercredi 2 novembre 2011

Les tissus aux fils de l'eau ..... n°1

l'eau c'est aussi les vacances
 l'eau est précieuse lorsqu'elle est rare ici dans le sud de Madagascar
 l'eau c'est la vie  : le fleuve Amazone

L'eau  dort dans me fond d'un volcan en Equateur
L'eau, élément vital à la survie de l'homme, l'eau de source, source de bonheur et parfois de guerre car c'est  parfois un produit rare que l'on se dispute. Mais l'eau c'est le bleu de notre planète, l'eau c'est la source de toute vie sur terre. L'eau vive  coule, dévale, déborde, submerge, inonde, purifie,
C'est un trésor que les hommes se partagent et qu'ils doivent  préserver, voir économiser.

En observant d'un peu plus près le monde textile,  on trouvera bien des tissus apparentés de près ou de loin à l'eau. Tentons cette fois ci de décrypter ceux qui s'en approchent le plus




LA MOIRE
  Imaginez l'eau tranquille d'un lac de haute montagne, pas le moindre mouvement, on pourrait  se mirer dans cette surface lisse, douce, sombre et puis d'un seul coup, l'image se brouille, quelqu'un à jeter un caillou, et les ricochets provoquent une série d'ondes. C'est l'écho du mouvement qui résonne à l'infini sur la surface plane de la moire. La fabrication de ces tissus est aujourd'hui abandonnée car  les machines qui souvent datent du 19e siècle ne sont plus opérationnelles, et puis par les clients pour qui cette étoffe  est obsolète. Trop vue dans les  costumes des films d'époque, trop de souvenir d'intérieurs richement décorés de moire, sur les murs, les sièges, les fenêtres. Attendons quelques décennies, espérons que le matériel tiendra jusque là et nous reverrons la demande augmenter.
Et pourtant voici un tissu qui vit, qui bouge, qui gesticule, il ne lui manque que la parole. Avec les rayons du soleil, avec la flamme vacillante des bougies d'ambiance, avec la lumière tamisée des ampoules basse consommation, vous aurez une ambiance différente à chaque heure du jour et du soir. Ce tissu c'est de l'eau au mètre carré, la moire qu'elle soit musique, galoche, anglaise, française est enjouée, tantôt sage comme l'eau d'une flaque, tantôt rugissante comme la mer un jour de gros temps.
Le plus curieux avec ce tissu c'est qu'il est absolument allergique à l'eau. Une éclaboussure, un peu d'eau renversée sur cette surface ondée, et hop tout disparaît, plus rien, de l'eau trouble on revient au lac calme, au tissu vierge de toute trace de décoration.
Coup double : un ikat moiré






LE CIRÉ JAUNE


Que d'eau, que d'eau dit le maréchal de Mac Mahon devant l'ampleur de la crue de la Garonne en 1875... Que d'eau que d'eau pourrait aussi crier ce tissu que les marins ont mis à l'honneur en en faisant leur ciré. Ciré jaune indémodable, toile enduite, qui ne donne aucune chance aux gouttes d'eau qui glissent sur elle... Il est des étoffes dont le simple nom évoque la pluie, la tempête, la pêche aux coquillage sur les plages de la manche par gros temps et grandes marées. C'est le cas du ciré.


                                                                                                                à suivre









Les tissus aux fils de l'eau n°2


LE VELOURS DE SOIE

Il n'est pas copain avec l'eau,  il ne sont pas compatibles, et pourtant  le velours lorsqu'il est en soie, le poil couché, brillant, presque humide, prête à confusion. Visuellement on le dirait mouillé, tactilement il est franchement sec, mais il coule entre nos doigts ce métrage de tissu, il glisse sous l'aiguille de la machine, les rouleaux ne tiennent pas en place, il dégouline Ne dit on pas de lui qu'il est fluide? Comme la vague d'Hokusai, le velours de soie vous enveloppera, il se drapera sur vos épaules, il vous fera une silhouette de rêve, il vous fera princesse, et pourquoi pas reine. Il incite à la rêverie, c'est une étoffe pour les poissons, le signe du zodiaque le plus aquatique...

LE CHINTZ
Ne nous arrêtons pas en si bon chemin, parce qu'il est pavé de bien d'autres textiles.
Qui n'a pas assisté à une représentation théâtrale où l'eau jouait un rôle,. Les personnages prenant une barque pour traverser une rivière, la mer rouge s'ouvrant pour laisser passer Moise, l' héroïne s'éloignant du rivage, seule dans une eau sinistrement grise Les vannes ne pouvant généralement pas inonder la scène le metteur en scène à recours le plus souvent à un artifice, qui à moindre frais offre une mer plus ou moins calmée : il suffit de prendre un léger tissu glacé, bleu acier, bleu des mers du sud, vert de la mer du nord, gris blanc d'écume et le secouer. Des comédiens ou des techniciens  les uns cotés cour et les autres coté jardin s'activent pour  le faire frissonner, onduler, ou bien lui donner l'aspect lisse d'un miroir. Ce chintz nous vient d'Angleterre, avec un petit air vieillot, il fleurit les canapés des charmants cottages d'outre- manche... Mais il n'est pas utilisé à sa juste valeur. Il est délaissé au profit de tissu plus modernes, moins connoté d'une autre époque. Son aspect lisse et brillant  peut être obtenu par calandrage , l'apprêt dans ce cas la brillance n'est pas permanente contrairement au tissu dont l'apprêt synthétique est inaltérable.


Il existe des étoffes que l'on peut associer  à l'eau  par association :
- une maille polyamide/elasthanne brillante et extensible nous renvoie à l'image d'un maillot de bain. 
-un tissu beige, quadrillé en rouge, noir et blanc, c'est immanquablement un Burberry, et son célèbre trench, donc anglais, donc pluie, donc eau.
Pour les plus âgées, enfin pas trop non plus, un polyamide  luisant, bleu marine, rouge ou vert, rappelle probablement cet accessoire indispensable à toute ballades à la campagne, à la montagne ou à la mer : le Kway, qui s'attachait autour de la taille ou à la bretelle du sac à dos...


Je me suis jetée à l'eau pour vous prouver que tout est possible. L'eau et le tissu c'est une histoire sans paroles dont le héros peut être chacun d'entre vous.


Les tissus de l'air suite et fin


La mousseline de soie
Un autre tissu aérien, sans doute plus sophistiqué que le précédant : la mousseline de soie. Tissu ambigu car lourd et léger, transparent et opaque, fragile et solide, simple et complexe, en apparence sans prétentions et pourtant luxueux. La mousseline est une étoffe docile qui ne cherche pas à s'échapper, à glisser, à fuir, elle tient dans le creux de la main, avec un poids plume, presque irréel. Ses multiples facettes en font un tissu très présent dans l'univers de la mode. Utile lorsqu'elle réchauffe le coup avec élégance, sensuelle lorsqu'elle se fait sous-vêtement, un rien coquine quand elle se transforme en déshabillé, pudique si elle habille un décolleté. Impalpable, cette soie est une acrobate de tout premier ordre, admirez la, tournoyer dans les airs avant de retomber dans le silence absolu de la terre ferme, même pas un faux plis, toujours impeccable et même pas mal.

La toile de spi
Un petit troisième pour le plaisir?  La toile de spi ou encore nommée toile de parachute. Ce tissu est magnifié dès qu'il ne touche plus terre, il prend ses aises, il s'enfle, gonfle  mais n'éclate pas.  Autrefois, cette soie imperméable ne laissant pas passer l'air permettait aux parachutistes de freiner leur chute, voire de planer dans les airs. Aujourd'hui remplacée par le polyamide (Nylon), ce tissu permet de fabriquer de magnifiques cerfs volants et de solides voiles de bâteaux.


L'organza
Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter le prince des tissus : l'organza.
Matière rare dans le prêt-à-porter, utilisée avec parcimonie dans la haute couture, difficile à travailler car il n'accepte pas le repentir. L'organza prend du volume, il emprisonne l'air dans ses plis. Il bouge avec brutalité et s'étale comme une nappe de brouillard, sans bruit, dans un souffle fantomatique. L'organza est indomptable, incontrôlable sur terre, mais il se révèle merveilleux en apesanteur. Il lui faut de l'espace pour exprimer sa beauté. Impossible de le contenir, il explose comme un pantin dès que l'on ouvre la boite.