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mes tissus

jeudi 22 mars 2012

Une rêverie printanière


Et revoilà cette saison qui annonce la lumière, l'éclosion des bourgeons, la douceur de la rosée matinale,  la tendresse de l'herbe nouvelle, la délicatesse  de la brise du soir.




le printemps entre aussi dans ma cuisine


L'apparition des jonquilles,  les champs de tulipes en Hollande,  le subtile comme le parfum du lilas qui titille nos narines,  et c'est le printemps
tye and dye indien trouvé dans les rayons de chez De Gilles tissus

un tissu qui copie la nature






la nature , juste la nature

Ne pensons qu'aux  bonnes choses, et laissons de côté les pollens qui même en ville réveillent les allergies en léthargie durant l'hiver. Le renouveau est arrivé, les 
légumes nouveaux, les nouvelles résolutions de régime pour entrer dans notre maillot de bain,  une séance chez le coiffeur pour rafraîchir la coupe, un coup d'oeil sur  la magnificence de dame nature et des papotages entre copine à propos des nouvelles collections de prêt à porter printemps/été 2012.



Ciel mais c'est un tissu! oui un tissu.....


On délaisse les manteaux e pour des vestes plus légères, les pantalons pour les jupes, les pull à col roulés pour les chemisiers. Mais attention pas d'un seul coup, parce qu'en Avril ne te découvres pas d'un fil! 
Cette année sera colorée, acidulée. Terminés les tons pastels,se monter, oser.

Je pense que vous avez remarqué, que les couleurs éclatent dans les vitrines, s'étalent sur les pages des journaux de mode, mais il faudra attendre encore pour voir ces violentes palettes inonder les terrasses des cafés,  la foule des rues piétonnes, les queues dans les caisses des supermarchés, les salles de cinéma, les plages.
Printemps ou été en mai en Lettonie?
          
 Cette fois pas de demi mesure, les oranges frôlent les roses fluos,  le rouge se pâme d'amour pour le vert tendre et le bleu marine qui courre après le violet.


la mode de toutes les couleurs

 Mais vous, êtes vous prêtes à porter haut et fort ces couleurs ? C'est un virage à 90° qui arrive en ce début de printemps, après des mois de grisaille, de noir et autre brun et beige, c'est la lumière qui nous éblouit, la farandole des tons qui éclabousse notre quotidien. La mode va et vient, mais notre style, notre silhouette, nos envies ne suivent pas le mouvement, en tout cas pas toujours. Piocher par ci par là un article coloré pourquoi pas, mais pas tout d'un seul coup. On passe peut être trop vite de l'hiver à l'été, dans les rayons des grandes surfaces le maillot de bain succède immédiatement à la doudoune. Etrange, étrange cette façon de nous pousser à mal consommer, sans prendre le temps de la digestion. Il faut assimiler le régime alimentaire d'hiver, la mode hivernale, transiter par le printemps qui prépare l'été. L'industrie textile semble avoir oublié les entre saisons. L'automne et le printemps font partie de ce que la mode
appelle désormais la saison printemps /été ou automne /hiver, comme si elle gommait six mois de l'année

Les citadins, privés de la nature sauvage, oublient qu'il existe quatre saisons, pauvre Vivaldi, oublient les marchands de quatre saisons, mais eux, ont disparus depuis longtemps de nos rues avec leur chariot regorgeant de cerises,de pommes ou des tomates cueillies aux aurores par les maraîchés. Mais à quoi sert d'aller trop vite? Les années ont toujours 12 mois et les jours 24 heures. Prenons le temps, le temps de vivre, de penser, d'apprécier, de voir pousser les fleurs et grandir nos enfants. Prenons le temps de faire de la couture, de la broderie, prenons le temps du temps, et apprendre à faire  rien c'est déjà un bon début et pas si facile que cela.



J'aime  les quatre saisons, avec leurs nuances et j'aime le printemps avec ce décalage horaire qui nous offre des soirées sans fin si propices aux discussions qui permettent de refaire le monde.


un coucher de soleil à 21 heures à Paris ou à Miami c'est toujours un instant magique


 J'aime ressortir de l'armoire mes compères qui annoncent les beaux jours, ces chemises en chanvre qui enchantent les journées ensoleillées, les pantalons en gabardine qui rendent les happy hours en terrasse de café plus confortables, ce châle en étamine de laine fuschia qui m'enveloppe lors de mes  ballades le long de la seine jusque dans l'île saint-Louis et ses glaces multicolores de chez Bhertillon. 


Mes chemises en soie, mes pantalons en ramie, mes vestes en chanvre fleurent bon la belle saison, la nature, la lumière,le soleil, avec un soupçon de vacances.




L'habit ne fait pas le moine, mais la matière et les couleurs font
illusion et habitent les saisons.




Vous remarquerez que ces changements dans l'habillement vont de paire avec les changements de nourriture, petit à petit, les couleurs de notre alimentation vont changer, avec les salades de  fruits rouges  et légumes de saison. Le Navarin d'agneau accompagné de ses légumes nouveaux remplace la potée auvergnate et notre ligne salue ce changement de cap. Le vert, le blanc, et le brun pour l'hiver, le rouge, l'orange, le violet pour l'été.

Colorons notre univers, colorons notre penderie, laissons la couleur entrer dans nos habitations  


Les tissus sont nos amis, tour à tour il nous protègent, nous cachent, nous embellissent. Le "doudou" de notre enfance s'est transformé en vêtement dont le rôle  est bien plus complexe qu'il n'y paraît, mais quoiqu'il en soit, le tissu nous accompagne de notre naissance à notre dernière demeure, alors aimons le. Au nom de toute l'équipe de De Gilles Tissus je vous souhaite un printemps joyeux, coloré et textile.

vendredi 16 mars 2012

Voyages textiles

Longtemps j'ai rêvé en un à un les timbres de ma collection. Mes préférés ? Ceux de Madagascar parce qu'ils représentaient des animaux et des fleurs des plantes, qui n'existaient pas dans mon quotidien, et puis j'ai passé beaucoup de temps penchée sur les cartes de mon Atlas en essayant de m'imaginer les habitants d'Afrique du  sud marcher la tête en bas.  Ensuite j'ai voyagé " pour de vrai, d'abord à pieds, la tête en l'air dans mon extraordinaire ville de Paris, puis en avion, en voiture, en bateau . La réalité c'est souvent plus fabuleux que les rêves mais rêver c'était bien aussi. L'imaginaire exarcerbe les passions, véhicule la curiosité. Dans une coque de noix on peut y voir bien des choses, dans un tableau abstrait chaque jour selon son humeur on y trouve autre chose, et puis   dans un simple morceau de tissu  je sais par expérience qu'il y a de quoi alimenter bien des songes.

Les tissus ce sont des brides de vies, les tissus on aime, on déteste,  on ne s'en préoccupe pas, mais ils font partie de notre culture.
Une coupe de basin  bleu et on s'embarque pour l'Afrique haute en couleur, avec de vastes étendues brûlées par le soleil, ou les rideaux de pluie diluvienne qui inondent les rues des villages en quelques secondes, mais rassasient aussi rapidement les champs desséchés, et voilà le film qui commence, votre film. Pas de jet lag, pas de passeport, on voyage assis dans son rêve.
Bazin super riche bleu roi
une coupe de bazin, destinée à la fabrication de boubou


Et ici un petit bout d'un huipil,  blouse brodée par des mains expertes guatémaltèques. Ce sont des vêtements que les femmes portent traditionnellement et qui enchantent les yeux.
Chaque village possède son vocabulaire mais les lettres sont remplacées par des animaux, des fleurs, des plantes.C'est juste poètique, et  symbolique à l'époque où le jean semble être universel. Sur les marchés colorés le dimanche après la messe, on se bouscule  sur les places des villes et des villages, les femmes arborent  fièrement leurs blouses brodées. C'est un tumulte coloré et bon enfant qui  anime les rues les jours de marché. Celui de Chichicastelnago est un des plus extraordinaire que l'on puisse imaginer.



détail d'un huipil acheté sur le marché de Chichicastelnango
Un pagne pré-hispanique découvert lors de fouilles dans le désert d'Atacama dans le sud péruvien, et c'est  une civilisation qui nous intrigue parce que mal connue. La pachamamma, une ode à la terre, à la mère nourricière. Les couleurs, les motifs et nous voilà dans un univers qui reste à découvrir, dans les livres  et les musées .Le musée du quai Branly possède des pièces importantes de l'artisanat de ces civilisations aujourd'hui disparues. Les tissus sont des pièges à souvenirs...
pagne préhispanique 


Quelques centimètres de tissu peuvent aussi nous transporter dans le futur. Le Tyvek, matière technique s'il en est, commercialisée depuis plus d'un demi siècle par la société Dupont de Nemours nous projette dans l'espace? Oui   ces produits techniques autorisent l'homme à se surpasser. Sans ces produits l'homme n'aurait pas pu aller dans l'espace ou sur la lune,  car il a fallut trouver des solutions pour le protéger du soleil, de la chaleur, du froid, le faire voyager en toute sécurité.

Tyveck, sorte de non tissé, extrêment résistant, léger, occultant et isolant phonique et thermique, idéal pour doubler des rideaux. Le rêve et en bonus le best.


Ainsi de la terre à la lune on retrouve des tissus. Vous aussi voyagez sans billet, sans contraintes, sans jet lag, presque gratuitement. Comment? Rendez vous dans votre armoire, vos tiroirs, votre dressing, votre placard,  et au hasard sortez un vêtement. Touchez le, regardez le, et imaginez...... Je suis certaine que vos rêves seront différents les uns des autres même devant un simple jean... Reparlons en dans quelques jours. Racontez moi vos voyages textiles


Je m'appelle Talia , j'aurai bientôt un mois et je voici mon premier jean. Pour le moment c'est ma grand mère qui raconte des histoires de tissus.  
Les souvenirs textiles enfouis dans notre mémoire sont une bibliothèque dans laquelle on peut piocher pour voyager.

lundi 5 mars 2012

La pantalonnade d'Amélia


Il existe  un vêtement épatant  parfaitement adapté aux bébés, qui n'est plus vraiment à la une de la mode enfantine  : le bloomer ou la barboteuse. 

La définition du dictionnaire  décrit le bloomer comme un vêtement de petit enfant, d'une seule pièce formant culotte et laissant les jambes nues
Je trouve que les bloomers sont des merveilles de confort pour les enfants. Le vêtement est court, ample, resseré sur les cuisses. Il convient aussi bien aux filles qu'aux garçons. Les jambes à l'air  ils peuvent bouger, gesticuler  librement. Un plus cet article cache les couches. Et si vous n'en trouvez pas tout fait alors faites le. Il y a des modèles et des patrons sur les sites "petit citron" ou citronille.

Mais connaissez vous la véritable histoire du  bloomer ? Ce fut d'abord un élement vestimentaire, presque une arme,  adopté par  les féministes d'outre Atlantique?  Un pantalon large,  resserré aux chevilles, confortable qui naquit aux Etats Unis d'Amérique au XIXe siècle.

Il fut popularisé par Amélia Jenks Bloomer une américaine qui jugea nécessaire de contourner l'interdiction faite aux femmes américaines de porter un pantalon. Elle réclamait simplement la possibilité pour les femmes de s'habiller comme elles l'entendaient, et surtout avec des vêtements fonctionnels. C'est ainsi qu'elle laissa son nom à ce vêtement à mi chemin entre la jupe et le pantalon;  rien de bien répréhensible par  la morale et pourtant il faudra encore de nombreuses années et une volonté farouche  pour parvenir à ce que les femmes portent aussi le pantalon.  Et l'histoire pour la petite histoire  n'est pas terminée  car chez nous, oui en France au pays des droits de l'homme,  une ordonnance du préfet de police de Paris, en date du  7 novembre 1800 interdisant le port du pantalon pour les femmes,  n'est toujours pas abrogée, bien qu'obsolète, mais tout de même. Et si nous profitions de la période électorale et des promesses des candidats pour demander son annulation?

La pantalonnade d'Amélia eu du bon, elle remis un peu d'ordre dans le désordre. Elle se promenait en bloomer, c'est-à-dire un pantalon style sarouel  sous une jupe, côté ligne ce n'était pas très élégant, mais coté message il y avait du répondant . Le but avoué était de pouvoir pratiquer des sports sans la contrainte d'un vêtement inadapté. La recherche du vêtement fonctionnel,  pratique pour faire du vélocypède ou du ski était indéniable. Cependant même dans ce pays tout neuf, qui n'était pas écrasé par le poids des traditions, Amélia dûe  résister aux colibets de ces concitoyens.
Depuis l'arrivée du jean unisexe, et la libération des moeurs des années 60, le combat de miss Bloomer est  tombé en désuétude mais, il demeure une preuve que la mode n'est pas aussi futile que certains veulent bien le faire croire. On peut l'adapter, l'inventer et ne pas se contenter de la suivre.
En France on ne parla pas de bloomer mais de culotte de zouave, de pantalon de golf, de sarrouel. On ne fit pas non plus de miss Amélia Bloomer une icône de la libération féminine. En France au XIXe siècle c'est une femme célèbre  par ses écrits qui s'autorisa le port du pantalon, le plaisir du cigare, le cumuls des amants à une époque où cela ne se faisait pas elle se nommait Georges Sand... Et oui, le vêtement est un moyen d'expression qui mérite d'être pris en compte. L'histoire est remplie d'exemples qui  avec plus ou moins de succès ont permis de changer bien des choses, mais c'est une autre histoire à suivre....