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mercredi 10 avril 2013

LE BHOUTAN : UN ROYAUME OU LE TISSU EST ROI

UN ACCUEIL EN FANFARE TEXTILE

Connaissez vous un pays qui serait plus aimable aux yeux des amateurs de tissus que le Bhoutan ?  Où donc accueille-t-on les voyageurs avec une écharpe blanche ? Pas de collier de fleurs, pas de chant, pas de musique, mais un geste qui me va droit au cœur.


En guise de bienvenue, notre guide offre à chacun  une longue étole, blanche et légère, qui vole au gré du vent dans un silence assourdissant. Ce silence fut tout au long de mon séjour une énigme. Ce vide absolu, pas un bruit, ou alors si étouffé qu'il ne parvenait jusqu'à mes oreilles, pas même un chant d'oiseau pour briser cet univers muet. Même les métiers à tisser a cadre fixe et ceinture dorsale ne résonnent pas d'un clic-clac en mesure comme en Birmanie. Ils sont silencieux, concentrés sur la soie ou la laine.


Au milieu des rizières, je pouvais écouter le silence pendant de longues minutes, cherchant à déceler le moindre indice, le moindre bruit de voiture ou d'oiseaux. Seuls les aboiements de quelques chiens sauvages, qui venaient de temps à autres rompre cette solitude silencieuse.  La sérénité semble dominer ce petit royaume.




LE BHOUTAN UN PARANGON DU BONHEUR ?
Qu'est-ce qui distingue le Bhoutan des autres pays?  Peut être la proximité des plus hauts sommets de la planète, peut être l'ambiance de ses vallées oubliées par les publicités où l'absence de feux tricolores et de "fast food" venus d'ailleurs... Plus encore l'interdiction de la vente et de la consommation de tabac, exception faite pour les étrangers qui sont autorisés à fumer modestement tout de même. Et puis le riz rouge, le piment vert à toutes les sauces…



Pas de feux tricolores, seuls les agents de la circulation à renfort de gestes précis et codifiés guident les automobilistes calmes et sereins, ni cris, ni altercations, ni klaxon. On aimerait la même discipline dans nos villes.

LA PROSPERITE  SE MESURE EN BONHEUR NATIONAL BRUT : UNE IDEE DIFFICILE A EXPORTER
 Tout semble concourir à magnifier le quotidien pourtant très rude pour de nombreux habitants surtout ceux qui vivent dans les campagnes. Mais qui renoncerait au bonheur ? Au fait, qu'est-ce que le bonheur ? Un modèle de  satisfaction? En ce qui concerne ce pays, cet indice prend en compte le développement économique, la permanence de la culture, une politique responsable et le respect de l'environnement

UN MODELE UNIQUE, DIFFICILE A EXPORTER
La recherche du bonheur brut absolu est une idée merveilleuse, une invention marketing fantastique, venu me chercher jusque dans ma boutique parisienne. La curiosité m'a poussé jusqu'à ce lieu inattendu, coincé entre deux géants : la Chine et l'Inde. L'indice du  Bonheur National Brut  est depuis 1970 considéré comme la devise du pays. Si la culture du Bhoutan repose sur des valeurs spirituelles véhiculées par le bouddhisme, visibles au quotidien et même mesurables par habitant, la quantité de  bonheur par habitant est plus difficile à déceler quantitativement, en tout cas pour une occidentale.

UNE NATURE AU NATUREL



Dans les vallées, poussent les bananiers et, prenant un peu d'altitude, on traverse des forêts de rhododendrons roses et rouges qui poussent au milieu des épicéas, picea spinulosa.
  .


On passe à travers des forêts de fanions multicolores. Le vent claque sur ces milliers de drapeaux comme dans les voiles d'un bateau.

LE TISSAGE :  UN ARTISANAT ENCORE INTACT
C'est magique et logique à la fois lorsqu'on commence à connaître le pays. Le tissu fut longtemps considéré comme un gage d'amitié, une offrande religieuse et même une monnaie puisque les paysans pouvaient payer leurs impôts, non pas en monnaie sonnante et trébuchante, mais en tissus. Tout un chacun dans les campagnes possède un métier à tisser, très rudimentaire j'en conviens, mais qui  permet d'obtenir des tissages magnifiques compte tenu de la dextérité des femmes bhoutanaises. Les motifs traditionnels sont repris sur les tissus en laine, soie ou coton. Comme dans de nombreux pays la tradition est forte ici. Il est important pour les femmes de tisser le kira qu'elles porteront le jour de leur mariage, c'est leur trousseau. En Occident cette coutume fait partie du passé.

A l'intérieur des habitations

 ou à l'extérieur, on rencontre des femmes qui tissent, qui tissent, qui tissent...


                                     
Cette femme installée sur sa terrasse tisse des écharpe et des ceintures en laine de moutons et en soie sauvage
Elle vend sa production aux promeneurs étrangers ou bhoutanais. Son mari étant le gardien de ce Zoo qui a été créé autour de l'animal emblème du pays le "takin", une maison est à leur disposition dans le parc.
Si les articles tissés en soie sont d'aspect plutôt rustique c'est parce que les bhoutanais rechignent à tuer des animaux, par conséquent ils n'étouffent pas les vers à soie dans leur cocons et laissent  les vers à soie se transforment en papillon. Pour  sortir de leur cocon ils vont  le percer . Le dévidage donne un  fil de soie . plus épais, plus irrégulier et moins brillant que le fil obtenu avec un cocon non percé. Au Bhoutan il n'y a pas d'élevage de vers à soie comme en Chine Ici pas de Bombyx du mûrier mais  philosomia cynthia. La production locale étant minime,  il faut importer la matière première l d'Inde, et plus précisément de la région d'Assam


LE TAKIN TAQUIN
Avant ce voyage, je n'avais jamais entendu parler de cet animal dont le nom savant est “Sichuan Bamen”, Durant mon séjour le guide en fit  mention à plusieurs reprises, mais d'une drôle de manière,  un peu comme on parle chez nous du dahu. Alors j'eus, bien sûr, envie de savoir si ce takin taquin existait réellement. Eh bien oui ! Il est même couvé, protégé, adulé. Les bhoutanais viennent lui rendre visite dans sa résidence, un parc immense. C'est un but de promenade familiale, situé dans la capitale Thimphu.

 Le Takin est un bovidé caprinj qui vit dans l'Himalaya.  
LE PARADIS DES TISSUS
Magasin de tissus. Au premier plan des tissus en coton avec les motifs traditionnels bhoutanais


                         Vous pourrez retrouver quelques unes de ces étoffes chez De Gilles.
J'emploie à dessein le mot étranger  plutot que touristes, car ces derniers sont rares, très rares. J'ai eu la chance de me rendre dans ces vallées perdues, passées en quelques decennies du Moyen Age au
XXI eme siècle. Ce qui retient mon attention c'est cette civilisation du textile.


 GO! LA TENUE TRADITIONNELLE
On peut à juste raison se poser la question : pourquoi les bhoutanais sont ils obligés de porter une tenue spécifique en publique, dans les écoles, les universités, dans les batiments officiels? C'est la solution entrevue par le gouvernement pour préserver la culture bhoutanaise des influences occidentales. C'est au XVIIe siècle qu'un moine tibétain Ngawang Namgyel est parvenu à unifier le Bhoutan. Le port d'un costume spécifique ne fut sans doute pas le seul élément qui permis cette réussite, mais indéniablement il y contribua.  
 Combien de temps cette obligation sera t elle respectée?
Le code de la tenue vestimentaire répond à des critères multiples où interfèrent religion et politique. Si les étrangers ne peuvent pas décrypter les subtilités du costumes au premier coup d'œil, les bhoutanais se distinguent par une multitude de symboles :  une couleur, une longueur, un motif, une matière textile.
 Pour le moment la société bhoutanaise est encore très hierarchisée.  La couleur et la qualité des étoffes des Gho et des châles est rigoureusement liée à la fonction ;  les représentants du peuple, les administrateurs de district,  les chefs de village, les hauts fonctionnaires, la famille royale  chacun  dans son costume affiche un détail, qui permet une identification rapide.
L'écru  avec des franges pour le commun des mortels, les sans grade, mais bleu pour les parlementaires, vert pour les juges, noire pour le militaires, jaune safran pour le roi. La couleur ne fait pas tout il faut aussi respecter la manière de la nouer et de la porter sur l'épaule gauche.
Aujourd'hui ce principe est scrupuleusement observée par les bhoutanais de toute les classes sociales et toutes les générations exerçant une activité publique : professeurs, guides touristiques, mais aussi les fonctionnaires travaillant dans les banques, les administrations...

Les hommes sont vêtus du Gho ou Go 
L'écharpe cérémonielle est un accessoire obligatoire lorsque les bhoutanais qui se rendent dans les lieux officiels.
 Longue et unie, avec ou sans franges pour les hommes c'est le knabné ; courtes et rouges avec des motifs tissés  pour les femmes, c'est le rachu


Un jeune couple   en costume traditionnel
Gho pour monsieur et kira pour madame. Il semble que chacun se prête volontiers au code vestimentaire . Cela fait partie de leur quotidien.

Les hommes  portent une tenue traditionnelle entre le kimono et  la robe manteau, le gho ou go qui s'arrete sous les genoux. La longueur se règle avec une ceinture cachée dans les plis du gho. La forme est toujours la même, ce sont les tissus qui font la différence. J'ai remarqué qu'il y avait différentes qualités dans les tissus composant le Gho, et les prix s'en ressentent bien évidement.  Les plus chers sont en  laine peignée, plûtot chic gris anthracite ou marron finement rayé ; d'autres en laine plus grossières et pour la saison chaude il y des cotonnades rayées ou quadrillées.
Je parle uniquement de ce que j'ai vu dans les boutiques D'ailleurs les Gho et les Kira se vendent dans les mêmes boutiques. Ce ne sont pas des magasins de vêtements, mais des magasins de tissus et généralement comme ici à Paro c'est en famille que l'on accueille les client, je trouve cela très sympathique, plus d'humanité serait peut être la bienvenue dans notre société de consommation non?




le désordre règne dans ce magasin de Paro mais je m'y sens vraiment à l'aise, je suis comme adoptée j'y viens tous les jours. Et c'est ainsi que la "patrone" à compris ce que je recherchais. Elle m'a ouvert sa malle aux trésors, estimant ma démarche loyale, elle a bien voulu me vendre quelques uns des tissus  utilisés pour fabriqué un kira ayant appartenus à sa grand -mère.  Je la remercie encore de la confiance qu'elle m'a témoignée en me laissant partir avec une partie de ses souvenirs. C'est avec  infiniment de plaisir que je partagerai ce bonheur avec tous ceux d'entre vous qui le désireront.

dans le coin droit , c'est moi décrochant un bout d'étoffe qui semblait m'attendre depuis des mois, suspendue à un fil.





ici pas de désordre, de l'ordre, de l'ordre et un stock impressionnant de Gho


et ici les tissus toujours bien rangés, bien pliés. Beaucoup viennent d'Inde pays frontalier. Et lorsque ce ne sont pas les tissus qui sont importés, ce sont les matières premières comme la soie sauvage qui vient de la région d'Assam en Inde.


tout est parfaitement bien rangé dans cette grande boutique de Thimphu. Les métrages de tissus sont pliés sur des plaquettes et à droite les vêtements (gho) sont triés par tailles, et couleur. Seuls les non initiés veulent essayer, les bhoutanais eux connaissent leur taille et le choix ne réside que dans le coloris.
 Le choix des chaussettes est laissé à la discrêtion de chacun : noires, grises ou avec des motifs plus curieux comme le célèbre motif écossais Argyle. L'influence anglaise pointe dans les chaussettes et dans la conduite à gauche. 

Les bhoutanais semblent très à l'aise dans ce vêtement, c'est une autre histoire lorsqu'un ou une touriste tente l'essayage. L'aide des vendeuses est alors indispensable On observe un surplus d'étoffe  sur  l'abdomen,  créant ainsi  une sorte de poche qui originellement était destinée à cacher un couteau le drozum, aujourd'hui la poche permet de tenir les mains au chaud. Le coté fonctionnel n'est donc pas en reste.

ici je tiens à remercier mon mari qui se prête à cet essayage

les vendeuses doivent être patientes avec les étrangers parce que tenter de s'approprier un kira est autrement plus complexe que d'enfiler une robe.

La tenue des femmes est plus simple que celle des hommes Elle se compose de trois partie. Une chemise sous une veste et la robe dont on ne perçoit que la jupe. La kira est constituée d'une étoffe fantaisie  de dimension constante : 1,50m sur .2,50m  qui est enroulée autour du corps. Deux accessoires sont immuables : les fibules et la ceinture. 
Le vêtement est maintenu sur chaque  épaule à l'aide d'une fibule bijou, en métal ou en argent et ceinturée par une bande de tissu souvent colorée avec des motifs traditionnels le kera : ceinture à fond jaune. 

 Par dessus  la jupe longue et droite les femmes portent  une chemise  sous  une veste courte .  


 Les tissus sont plus colorés et plus fantaisies.  Les motifs sont obtenus soit par tissage, soit par broderie , soit par une technique proche du broché (ajout d'un fil supplémentaire pour créer le motif)  

Deux fillettes à la sortie de l'école, la plus jeune portent le kira complet, jupe, chemise et veste.
J'ai visité de nombreuses boutiques de tissus, rencontré beaucoup d'artisans mais dans cette ville capitale de Timphu, j'ai l'impression d'être dans un univers exclusivement textile.
Les grandes boutiques succèdent aux échoppes et partout les tissus sont présents, les stocks impressionnants et les clients très nombreux.

Ces fanions sont imprimés avec des mantras (prières) qui vont s'envoler dans les airs au gré du vent et dispenser leur enseignement dans les cieux.

A part quelques étrangers qui tentent tant bien que mal de se mettre à la mode bhoutanaise,

il manque les chaussettes hautes pour parfaire ce costume. 


la ceinture permet d'ajuster la bonne longueur du Gho, c'est à dire au niveau du genou
Ici je tiens à remercier mon époux de se prêter au jeu pour les besoins de mon "reportage"

 les autochtones se parent de Gho dès leur plus jeune âge.


UN MODUS VIVENDI ENTRE HIER ET DEMAIN
Si l'on prend un instantané dans les rues de Timphu, on observe autant de personnes portant le Gho et la Kira que de personnes en jeans, T shirt et baskets. C'est ce mélange de modernité et de traditions qui fait du Bhoutan un pays à part qui, tout en conservant un œil sur le passé, regarde avec avidité vers l'avenir. Internet présent quasiment partout, écrans plats de télévision, j'ai même capté TV 5 à Paro. Cette dualité est certainement difficile à vivre pour les plus anciens. La ville est une chose, la campagne une autre. L'entretien et la culture des rizières sont des activités pénibles que les citadins tentent d'oublier. Les paysans continuent à cultiver d'une manière archaïque pour certains et d'autres utilisent des machines plus bruyantes, plus polluantes mais qui facilitent le travail.
Alors la modernité, un plus ou un moins ? La consommation est-ce vraiment le bonheur ? J'en doute.


La rue principale de Timphu est bordée de boutiques proposant toutes sortes de vêtements occidentaux, vestes synthétiques bon marché, doudounes colorées rembourrées de duvet,  jeans,  chemises et baskets.   
Même les moines en tenue traditionnelle optent pour le sac à dos très pratique et le téléphone souvent collé à l'oreille ; ont-ils une ligne directe sacrée ?




La religion d'état est le bouddhisme tantrique. Les lieux de culte sont nombreux à travers le pays. La population pratique la religion avec ferveur ; les visites, les prières et les offrandes dans les monastères  ou les temples font partie du quotidien des bhoutanais.

MODERNISME ET TRADITION
Le danger, si cela peut être considéré comme tel, est la perte d'identité de ce peuple, de cette culture. L'occidentalisation est un problème qui est à la porte du Bhoutan. Avec le développement des médias, l'accès à internet, l'ouverture sur le monde extérieur avec un aéroport international, comment éviter une modélisation sur l'occident ? Bien ou mal, je ne juge pas, je m'interroge seulement. Combien d'années encore les gho et les kira seront portés quotidiennement et dans combien d'années deviendront-ils des costumes folkloriques ?
Pour le moment tout semble s'équilibrer. Le gho le jour pour travailler et le jean taille très basse, les sneakers et le bonnet le soir devant l'écran de l'ordinateur ou le week end.



LE TIGER NEST : UN LIEU QUI SE MERITE ET QUI LE REND BIEN
Le plus extraordinaire des lieux de culte est certainement ce monastère perché sur un pic rocheux à  3100 m d'altitude : le nid du tigre (tiger nest). J'ai eu la chance et aussi la force physique d'y accéder, enfin pour ce qui est du physique j'ai tout de même eu recours à un cheval. Une partie du chemin à pied et le reste à cheval. Et ce sont les tapis de selles qui sont magnifiques. C'est sans doute un reste  de l'histoire du pays. Autrefois les chevaux étaient rares et réservés à la noblesse voir à la famille royale. Aussi les tapis de selles étaient ils richement brodés. Aujourd'hui les couleurs de ces "habits" sont encore  un émerveillement.

Les chevaux attendent dans le sous bois que les visiteurs qui désirent se rendre au monastère, épuisés,  fassent appel à eux. J'ai trouvé les tapis de selle magnifiquement colorés, les broderies sont exquises et à mi chemin du Tiger -Nest j'ai apprécié leur aide.


                            Le monastère vu à mi chemin à travers une forêt de rhododendrons


Aperçu du Tiger Nest à travers des fanions. Ces carrés d'étoffes multicolores sont des supports traditionnels sur lesquels sont imprimés des "mantras". Le vent emporte dans les airs les messages de paix et de bonheur. J'ai aussi rapporté dans mes bagages quelques rouleaux colorés. J'espère que le vent parisien emportera ces mantras vers les hauteurs souhaitant ainsi à tous cette paix et ce bonheur  quête de tous les peuples du monde  ou presque.
Les pélerins bhoutanais se reposent aussi en chemin


La descente est peut être plus difficile encore que la montée, car les chevaux ne sont pas une option, ils descendent seuls coupant à travers la foret, à toute allure, ils savent qu'ils rentrent au bercail, et rien ne les stoppe d'ailleurs personne ne les retient. Ils retrouvent un peu de leur superbe, un rien sauvage qui les rends si puissants. Alors moi mon remède je l'ai trouvée toute seule, sur un chemin escarpé, semé d'embûches, de pierres, de trous,  il y avait une marchande de tissus sur ce chemin réellement, je vous assure même si les photos ne sont pas là pour vous le prouver. J'ai trouvé parmi des articles de pacotille, eh oui même ici cela existe, deux coupes de tissus. La première probablement une ceinture de femmes, jaune enfin elle a dû être jaune avec des motifs traditionnels tissés. Je pense qu'il s'agit d'une ceinture  qui a vécut eu égard à ses marques d'usures et à la couleur salie. Mais c'est un témoin intéressant de la tradition textile du Bhoutan


Ensuite et non la moindre de mes trouvailles c'est ce morceau de tissu ayant sans doute fait partie d'un vêtement traditionnel de la région  de Lunana







 Les tribus qui vivent dans ces hautes vallées n'ont pas l'obligation de porté le gho ou le kira, ils conservent leur indépendance vestimentaire Voici un manteau  traditionnel de cette région en laine presque aussi épaisse qu'un feutre, mais souple et légère. Peut être en laine de yaks, les habitants de cette régions sont pour la plupart des bergers  qui surveillent les troupeaux de yaks qui viennent lors de la saison chaude, c'est à dire quelques mois par an, paître dans les  hautes vallées.  L'habitat de ces bergers est une tente, noire faite en crin de yak.

`

 Et voilà comment je suis arrivée en bas de cet impressionnant chemin semé d'embûches, de pierres, de trous, sans même m'en rendre compte. Je pensais à ce que j'avais dans ce petit sac (pas en plastique mais en non tissé beaucoup plus écolo s'il vous plait)  qui avait porté cette ceinture, et puis comment ce morceau- de tissu usé jusqu'à la corde (en coton pour la chaîne en blanc et en laine pour la trame) était arrivé jusquà moi...C'est incroyable c'est bien la première fois que je fais du shopping sur un chemin aussi escarpé, comme quoi le tissu me poursuit et me surprendra toujours.

DES MONASTERES-ECOLES
Les monastères plus accessibles sont nombreux à travers le pays, ils abritent souvent une école dont l'enseignement est axé sur la religion.

Dans un monastère près de Punaka  : cours de lecture en plein air pour ces jeunes moines.
Dans la cour, la  récréation est un moment de détente pour les élèves comme dans n'importe quel pays

                                                 Entre les cours les élèves se détendent

DES PONTS SUSPENDUS DECORES D'UNE MULTITUDE DE MORCEAUX D'ETOFFES, DES BANNIERES QUI FLOTTENT EN PLEIN VENT SUR LES HAUTEURS

Ces guirlandes composées de rectangles de tissus sur lesquels sont imprimés des mantras . Les couleurs sont au nombre de cinq le bleu pour les cieux, le blanc pour l'air, le rouge pour le feu, le vert  pour l'eau et le jaune pour la terre. Ce sont des porte- bonheur qui sont censé éloigner les soucis

ENCORE UN PETIT BONHEUR POUR LA ROUTE
Nous, nous avons la pétanque, eux ils ont le tir à l'arc. C'est le sport national. Le dimanche dans les villes, des tournois sont organisés et les spectateurs sont nombreux.
C'est une femme qui à représenté le royaume aux derniers Jeux Olympiques d'été  de 2012 dans le tir à l'arc, mais le jour où j'ai assisté à ce spectacle, les équipes étaient masculines.

Un dimanche à Timphu, un tournoi de tir à l'arc en costume s'il vous plait. La cible est située à 140 mètres. Ce fut un superbe spectacle inhabituel, insolite, surprenant, magnifique. Les arcs, extrêmement sophistiqués contrastent avec la tenue vestimentaire tout-à-fait conventionnelle.

Un champion qui touche la cible à chaque tir!

La cible est tout au fond
Un jour de semaine dans la campagne, un entraînement pour dimanche.

 L'arc est simple, la tenue plus terne, mais le geste sûr, la flèche est arrivée près du centre de la cible.




DECRYPTAGE DES COULEURS
La couleur elle se rencontre partout dans cette nature protégée. Ce n'est donc pas étonnant que sa présence revête une telle importance dans le quotidien religieux ou civil. Le vert des forets, le bleu des lacs, le blanc  des cimes enneigées, mais surtout les rouges et les roses des forets de rhododendrons
Curieux pays, attachant et pétri de contradictions c'est-à-dire humain!
Voilà ! J'espère vous avoir donné envie d'en savoir plus sur ce royaume. Et si vous passez par la rue de la roquette, arrêtez vous un moment au 156 pour découvrir quelques étoffes, en provenance de Paro, Timphu et Panakah.

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