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vendredi 21 juin 2013

N°2 LIBERTY : VERS DE NOUVEAUX HORIZONS


UNE NOUVELLE ADRESSE
En 1875 Liberty s'installe dans ses nouveaux locaux, situés juste en face du magasin Farmer et Rogers, L'enseigne est parlante : "East Indian House". Il débute sa nouvelle activité comme il a terminé l'ancienne,  avec un stock insolite, hétéroclite qui attire encore  l'attention de personnalités influentes du monde artistique  qui vont faire venir dans leur sillage de nouveaux adeptes du style Liberty.  Des produits exotiques pour l'époque qui intriguent et éveillent la curiosité.
 Indéniablement novateur, Liberty a réussi sa reconversion ; comme promis  ses plus fidèles clients  voguent avec lui vers de nouveaux horizons.  Il pose ainsi les fondations d'une future grande maison.
Pour la petite histoire, la boutique Farmer et Rogers fermera quelques temps après le départ de Liberty, le chiffre d'affaire ayant prodigieusement chuté après le départ du directeur du rayon phare " "le bazar oriental" et  la désaffection des acheteurs.
Dans l' East Indian House on trouve  un bric à brac fascinant pour les amateurs, les chineurs et autres curieux.  Une caverne d'Ali Baba où l'on ne sait pas ce que l'on va trouver, mais on sait que l'on va découvrir quelque chose.

le navire amiral de Liberty à Londres

UNE VISION AMBITIEUSE
Arthur Liberty marque son époque et bien plus. Il parvient à modifier quelque peu le gout du public. En cherchant à rompre avec l'ère victorienne il propose une option différente pour meubler et décorer les intérieurs londoniens.
 Le décor de l'époque victorienne, si lourd, si chargé  semble avoir vécu. Les fenêtres s'habillent de tissus plus légers, les murs se couvrent d'étoffes plus lumineuses, avec des motifs moins présents. Tout s'allège de la décoration à l'habillement.
Habiller le monde à sa manière, passer outre les habitudes, changer pour se libérer, changer pour Liberty quelle belle ambition!Quelle réussite!

Le succès permet le remboursement du  prêt  très rapidement. Petit à petit le local de Regent Street s'agrandira, annexant les immeubles voisins.


 décor très présent d'un salon "victorien"

UNE CREATIVITE EXACERBEE DANS LES ARTS DECORATIFS
Le mouvement Art and Crafit en Grande Bretagne, le Jugendstill en Allemagne, Confort Tiffany aux Etats Unis, l'Art Nouveau en France ces mouvements vont éclore en ce début du XXè siècle et Monsieur Liberty va surfer avec succès sur cette vague, il  partage les inspirations de ces avant-gardistes et les ré-interprête à sa manière.


Je me glisse ici dans cette saga, mais juste un moment, le temps  d'établir un parallèle entre cette époque et cet homme et les années 1960/70 et l'époque de Carnaby street et de Mary Quant. Parce que c'est un peu mes vingt ans, et  j'ai vécu cette expérience comme beaucoup de lycéennes qui partaient à Londres pour un séjour linguistique, et découvrant Carnaby Street, ses pulls en shetland multicolores, ses mini jupes... Un tel renversement des codes vestimentaires en une seule fois, c'était beaucoup  mais extraordinaire. Une époque formidable, surtout pour les teen-ager. Eh oui, tout était possible, enfin le croyait -on. Le monde était à nous, la mode était pour nous, la musique nous enchantait, la nouvelle vague du cinéma était un raz de marée, nous étions avides de nouveautés, de couleurs, de bruits. Et des époque comme celle-ci, entrainées par une génération il y en eut beaucoup dans l'histoire de l'humanité. Liberty débutât au moment d'un renouveau dans les arts, d'un bouleversement de la société. La fin d'un siècle, le début d'un autre et tout se bouscule, on dépoussière les habitudes, on revisite les modes. Ce n'est pas une révolution, mais une évolution. 
La  fin du XIXe siècle et le début du XXe siècles sont des périodes d' effervescence. L'art est en mouvement, la technique évolue, les inventions se succèdent, et facilitent le quotidien des citadins L'électricité, l'eau courante, les trains, la publicité, la photo..aujourd'hui cela nous semble évidement mais pour nos arrières- grands parents c'était un peu magique.
Les échanges commerciaux  transforment peu à peu le commerce, les voyages sont facilités. Force est de constater que l'ouverture du Japon va influencer les artistes et les artisans occidentaux dans des secteurs comme la peinture ou la mode.
 Le développement de l'industrie, l'ouverture de  grands magasins transforment et développent l'activité commerciale  des grandes villes européennes  
Pour réussir il faut être le premier, il faut être à l'écoute des besoins voir les susciter. Un monde nouveau se fait jour et Arthur Liberty est l'un de ces hommes qui vont non pas  prendre le train en route, mais le guider. Il saura s'entourer des meilleurs techniciens, artisans, industriels dans des domaines aussi pointus que la teinture, l'impression, le tissage.

UNE VISION DE CHEF D'ENTREPRISE
C'est sans doute le bon sens de cet entrepreneur qui a fait la réputation de sa société. 
En bon gestionnaire et bien qu'il soit réceptif à l'esthétique prônée par le mouvement Art and Craft, il ne put se résoudre à suivre les "artistes" dans leur perception du commerce.
 Le souffle du beau sur les objets usuels se retrouve encore aujourd'hui dans notre quotidien. Des créateurs d'objets insolites ou fonctionnels se multiplient à travers le monde, et le public est au rendez vous. 
Mais au début du XXe siècle, le fonctionnel n'était pas destiné à être beau, du moins dans l'esprit des clients. On peut innover, mais il faut aussi prendre en considération la loi du commerce. 
Dans la mouvance d'Art and Craft, en suivant les peintres, les architectes, les sculpteurs Liberty chercha aussi à embellir le quotidien du monde, en souhaitant que toutes les classes de la société puissent en bénéficier. Contrairement à l'artisanat élitiste des membres fondateurs du mouvement  qui s'adressait  à une minorité de clients aisés Liberty pris un  autre chemin. 
Fabriquer des objets à la main, en petite quantité ou en pièce uniques, obligerait à les vendre trop cher, ne touchant qu'une infime partie de la population. Or le but de Liberty était justement de proposer des articles de bonne qualité, avec un aspect "artisanal" mais à un prix  abordable. De fait il touchera  un public plus large avec ses produits manufacturés mais  il n'attirera pas les classes populaires.
Il faut se rendre à l'évidence , au XIXeme, au XXeme ou au XXIeme siècle  la qualité a un prix et il en fut toujours ainsi. Le prix des cotons Liberty dépasse largement le prix moyen d'une simple cotonnade imprimée. Ceci étant on peut les utiliser avec parcimonie, et longtemps puisque c'est désormais un classique, hors mode 


Dans les années 1880 la maison Liberty diversifie ses produits, et les soies d'Orient qui lui avaient valu ses premiers succès sont petit à petit remplacées par des articles réalisés par des stylistes anglais. Les "tissus d'art Liberty" deviennent un signe de raliement pour tout anglais qui se veut à la pointe de la modernité.
 Liberty décida d'importer des tissus bruts et de les faire teindre et imprimer en Grande Bretagne, grâe aux teintureries et manufactures d'impression Thomas Wardle de Leek dans le Staffordshire et Edmund Littler de Merton Abbey dans le Surrey. Vers 1890, Liberty reprit la production totale des imprimeries textiles Littlers, et ses produits devinrent les tissus d'art Liberty, the "Liberty Art Fabrics".
Liberty est à l'origine du développement de l'industrie textile britannique, et de l'image d'excellence qu'elle véhicule toujours

DES IMPRIMES FLEURIS POUR L'AMEUBLEMENT ET L'HABILLEMENT
Tout en  restant importateur d'articles orientaux, de la vaisselle en porcelaine jusqu'au soieries en passant par les tapis, des kimonos, et autres trésors, il se spécialise dans les tissus d'ameublement ; plus tard seulement il ouvrira un rayon de tissus d'habillement,  avant de lancer une ligne de vêtements. Faisant appel au talent de plusieurs dessinateurs, imprimeurs et teinturiers, la gamme de tissus proposés va s'étoffer au cours dans ans.  




MOUVEMENT POUR UN  VETEMENT RATIONNEL ET HYGIENIQUE
Enfin des  tissus qui permettent de créer des vêtements amples, aux drapés élégants qui s'adaptent au corps. Ils se lavent facilement, les teintures sont naturelles et solides. L'absence d'apprêts de finitions termine cette liste de bonnes résolutions. C'est ce qui en cette fin de siècle fait la différence entre les tissus Liberty et les autres qui ont trop souvent un éclat factice.  Le beau bio avant le bio, décidément Liberty va de l'avant.
 "finis les corsets, tournures et épaulettes ; elles porterons des draperies moelleuses, souples, fluides, de couleurs douces et fondues. Enfin le vêtement s'adapte au corps. Dans l'absolu Arthur Liberty songe à révolutionner un mode de fonctionnement figé. La mode, la mode et pourquoi supporter les dickats  d'une poignée de personnes influentes? Il  voudrait que les clientes prennent  conscience  que leur corps est unique et qu'il faut l'habiller avec harmonie, choisir les formes en fonction de sa silhouette, les couleurs en fonction de sa couleur de peau, de ses yeux, de sa chevelure... Beaucoup de critères  très nouveaux pour  les femmes en ce début de XXe siècle. Il faut du temps pour que le changement s'installe, mais ce sont des débuts prometteurs pour Liberty.
Les femmes du XXIe siècle ont la possibilité de se vêtir sans contraindre leur corps, elles ont à leur disposition des  lignes de vêtements qui prennent soin de leur santé, de leur bien être et en prime de leur élégance Malheureusement ces offres ne rencontrent qu'un succès d'estime, c'est dommage. J'espère assister dans les années à venir au développent de la diététique vestimentaire. 

DU TISSU  AU VETEMENT
Fort de son succès commercial, la société Liberty ouvre en 1884 un département mode. La gamme de produit s'étoffera. E.W. Godwin fut un conseiller éclairé dans le choix des modèles crées par des modélistes permanents de la société.
La ligne de vêtements est en harmonie avec la philosophie de l'école des pré-raphaélites : style médiéval,  lignes souples, tissus souples, drapés à l'antique
 C'est une petite révolution dans la mode, les femmes se libèrent de leur carcan, plus de corsets, mais des lignes fluides, des plis souples, un mode de vie plus naturel. Le tissu est  alors une  soie imprimée de fleurs Paul Poiret créa  quelques modèles pour les clientes de Liberty ainsi la robe du soir Calypso.
L'Exposition Universelle de 1889 est l'occasion pour Liberty d'exposer ses modèles de vêtements féminins"esthétiques et fonctionnels" sur le pré carré parisien qui domine alors la mode occidentale  

UN ESTHETE
Arthur Lazenby Liberty était amateur d'art et nul doute qu'il fut influencé par ses amis les peintres pré-Raphaélites comme Rosseti ou Millais. Leur idéal était de revenir à l'avant Renaissance et de tout recommencer. Le goût du détail, la description des plantes notamment dans le tableau de Millais "Orphée" est reflété dans l'extrême délicatesse des premières impressions Liberty.  


Ophelia de Millais

LIBERTY OF LONDON A PARIS
En 1890 la firme Liberty ouvrira une boutique à Paris  au 38 avenue de l'opéra. Le succès aidant, en 1920 Liberty déménage dans un local plus vaste au 3, boulevard des capucines. Jusqu'au krach de 1929, une partie de la clientèle se composait de riches américaines, mais au lendemain de la catastrophe boursière, le chiffre d'affaire baissa et la boutique ferma définitivement ses portes parisiennes en 1932.



UN LONG PREAMBULE AVANT LE CELEBRE COTON IMPRIME
Liberty comme jadis Oberkampf ou Chanel ne commencèrent pas immédiatemet à produire ce qui fit leur célébrité, le chemin préliminaire est souvent laborieux.
 Arthur Lasenby Liberty fut l'un des plus ardent défenseur du beau dans le quotidien, il défendra le mouvement anglais Art and Craft. Les pré-raphaelites trouvèrent dans les tissus vendu par Liberty une souplesse, une mollesse, un indolence qui correspondait à leur imaginaire et que nulle part ailleurs ils ne pouvaient se procurer

 La qualité des motifs imprimés sur divers supports comme la soie, le velours, le coton ou le lin  firent en partie la renommée de la marque.  
Les premiers  motifs étaient dans l'air du temps, et presque d'avant garde dans le style "art nouveau" , Les dessins étaient imprimés  à la main, ensuite à la planche puis au rouleau. Il étaient influencés par  le naturalisme d'artistes comme William Morris.  : la mode est aux motifs floraux stylisés et les tissus sont baptisés de noms charmants comme " chardons gothiques.

LE SUCCES  ENTRAINE LES COPIES
Le coton imprimés de semis de fleurs fut l'un des articles de la société Liberty le plus copié... Mais d'autres produits connurent le même sort.  Dans les années 1890  Liberty commercialisa un "cachemire" made in England sous le nom Umritza. Le succès fut important, et les copies se multiplièrent, sans parvenir au même résultat.
 Arthur Liberty se rendit compte que le  véritable cachemire tissé à la main était parfait pour les étoles mais bien trop fragile pour être utilisé en ameublement ou en habillement ; des tentatives furent réalisées par des tisserands anglais pour  fabriquer une étoffe aussi douce et souple mais plus résistante. Les résultats furent couronnées de succès. Le tissage industriel était plus régulier et plus serré. Bonne pioche, le tissu était parfaitement adapté à ses nouvelles destinations.
 En 1879 un article résumait ainsi la situation :"aucun matériau ne saurait être calculé plus soigneusement pur présenter les qualités de douceur, de souplesse, de légèreté, de chaleur et de grâce dans le drapé que les tissus orientaux vendus chez Liberty's. Une création récente le cachemire Umritza possède ainsi toutes les plus belles qualités de la confection indienne combinées avec la resistance et la sobriété des produits anglais. Il est exécuté en teintes neutres et toutes sortes de couleurs, les longs poils répartis sur sa surface lui donnent une apparence très exotique et ajoutent à son charme."
 Arthur Liberty comme plus tard Chanel  apprécia les nombreuses copies " l'imitation étant jugée comme le compliment le plus sincère Liberty and Co ont remarqué avec beaucoup d'orgueil les nombreuses tentatives pasées et présetes faites pour copier leur cachmire Umritza"






Avant la première guerre mondiale Liberty se lance dans une gamme de tissus d'habillement et après la guerre que la désormais célèbre batiste  imprimée de petits motifs de fleurs va surgir sur le devant de la scène et cela pour un bon moment.


LES NOUVELLES FIBRES ENTRENT CHEZ LIBERTY
 Il faut aller toujours plus loin, si on ne veut pas arrêter de monter. "Liberty" se diversifient.  Après la première guerre mondiale viennent  rayonnes commercialisées sous le nom de "Woodray" (rayon de bois. Le bois ou plutôt  les déchets de bois - sont transformés en une masse visqueuse qui sera filée)  Dans les années 20 la maison Liberty commercialise des tissus soie/viscose. Les nouveautés entrent dans la maison.

LE TANA LAWN

En 1920 la société recrute William Haynes Dorell comme acheteur de coton. En 1924 c'est l'introduction par  Dorell dans la gamme de la société d'un article exclusif fabriqué et vendu pour dans la boutique Liberty : il s'agit d'une fine toile de coton imprimée  à semis de fleurs dont la marque déposée  était "Tana"lawn.  Le toucher est proche de la soie tant la qualité du coton employée est fine douce et soyeuse. 
Ce curieux nom que tous les amateurs et admirateurs des tissus Liberty of London connaissent  n'est pas dû au hasard. Il résulte d'une association  de mots très précise.
C'est dit on Haynes Dorell qui baptisera cette fine toile de coton imprimée de Tana Lawn.
 Tana est le nom d'un lac éthiopien autour duquel au XIXe siècle on cultivait encore un coton d'une excellente qualité. Haynes importera un temps  ce coton pour la fabriquer les cotonnades de la maison Liberty. Lawn est une transcription de Laon, ville française d'où est originaire la batiste, fine toile jadis en lin puis en coton. Simple non? Mais il fallait y penser! Maintenant c'est évident non?

RECONNAITRE LE VERITABLE LIBERTY
 La société britannique Liberty and Co Limited de Londres est seule titulaire de la marque Liberty pour désigner des tissus. 
Ce mot ne doit pas par conséquent être utilisé comme un nom commun. C'est  une marque déposée  souvent imitée ;  vous trouverez des copies plus ou moins réussies.   
Par contre le style est devenu un classique  On parle d'un coton style Liberty comme d'un lainage style Chanel. Certains sont fiers d'être copiés, d'autres n'apprécient pas. 
L'importance donnée à  la qualité, du fil, du tissage, de l'impression, contribue à la renommée justifiée de la production Liberty.
La quantité de fil au cm carré est importante et le coton est sélectionné en fonction de sa qualité, longues fibres évidement. Le tissage est serré et les fils très fins.
La batiste est le support privilégié des imprimés de la maison. 
L'aspect légèrement brillant de la surface de l'étoffe, la souplesse , les motifs imprimés aux colories délicats qui sont visibles sur l'envers et l'endroit et la solidité des couleurs  résistantes aux lavages  sont  les repères aisément identifiables   
C'est un joli travail même si aujourd'hui il n'y a plus la patte d'un artisan derrière, les machines sont domptées et les industriels ne laissent passer aucuns défauts.
En ce qui concerne la laine le principe est le même : la qualité des matières première est  primordiale.
La laize classique est 1,36m , seuls les cotons Liberty destinés au patchwork sont en 1,10 m.
Mais ce que l'on retient de plus évident ce sont ces dessins aux lignes courbes, aux arabesques élégantes que l'on retrouve dans l'art nouveau. J'aime la subtilité des tons. Des couleurs élaborées,  imaginées, travaillées jamais sorties directement d'une gamme industrielle. Impossible de donner un nom précis à ces teintes, elles sont Liberty. Pour moi il y a le bleu Liberty, le vert Liberty.... j'adore la précision du trait et la finesse du motif, je ne me lasse pas d'admirer les grands classiques du début du XXe siècle. Entre les nénuphars et les plumes de paon, je me perds dans les méandres de ces lignes  d'une nature qui entre dans la décoration et l'habillement avec simplicité, sobriété et  élégance.
C'est pourquoi ces imprimés ne se démodent pas, ils ne sont pas présents dans les défilés, ils sont simplement présent dans nos armoires, nos souvenirs. Ce sont des moments de bonheur, de la petite enfance, de l'adolescence, et du moment présent.

Les  tissus Liberty sont utilisés  par toutes générations confondues. Les robes des fillettes et les corsages sages, sans oublier les chemises à fleurs de la maison Cacharel dans les années 70, les délicieux vêtements de  remis dans le circuit vestimentaire par Laura Ashley. Un style campagnard qui séduit les citadins en mal de verdure,  une inspiration végétale qui  allait de paire avec l'idéologie hippie du peace and love des années 60. 
Antoine clamait  dans les Elucubrations:" Si je porte des chemises à fleurs c'est que je suis en avance de deux ou trois longueurs ce n'est qu'une question de saison, les vôtres n'ont encore que des boutons..."




Conflit de génération ou pas, les fleurs envahisssent à ce moment les chemises, les cravates, les gilets masculins.  Enfin un peu de couleurs!
Les cotonnades fleuries ressortent périodiquement dès l'été venu, et contrairement à leurs débuts, elles sont désormais "le bon ton" pour des robes très B.C.B.G. Si vous vous promenez à Versailles ou à Neuilly vous constaterez que les robes à smocks et les jupes taillées dans du tissu Liberty envahissent les rues et les vitrines des magasins spécialisés dans la confection enfantine.  
Voici donc un produit  devenu un classique qui ne se préoccupe pas de la mode, et c'est sans doute un souhait de son créateur qui se réalise..

C'est une sage qui est loin de se terminer, mais ce message touche à sa fin. 
C'est une brassée  de fleurs raffinées et délicates que je vous "post" en ce premier jour de l'été.



mercredi 19 juin 2013

N° 1 - LE TISSU LIBERTY PLUS QU'UN TISSU, UN ART DE VIVRE



C'EST L'HISTOIRE  D'UN TISSU ET  D'UN HOMME 


TISSU  IMPRIME LIBERTY



UN HOMME : ARTHUR LASENBY LIBERTY


Arthur Lasenby Liberty c'est "le créateur" du style, de l'esprit, de la philosophie Liberty.








Ce passionné visionnaire  révolutionne la manière de commercer, dépoussière la mode bon ton. Il est l'initiateur de tendances nouvelles. Il  reconnait la valeur du travail des artisans, britanniques ou indiens. Il saura prendre les mesures pour re-localiser la  teinture et l'impression textile . Sous son influence,  l'industrie textile britannique se développe. Son prestige est encore très affirmé aujourd'hui.

Sa réalisation la plus célèbre fut le Cachemire Umritza et la plus pérenne  une fine batiste imprimée, le Tana Lawn qui encore aujourd'hui est un des fleurons de la maison. Les courbes élégantes des motifs, les couleurs douces et l'inspiration du règne végétal sont les points forts qui caractérisent cette ligne qui passe haut la main les modes et les siècles.


UN PELE MELE LIBERTY


Considérer que le mot Liberty est  simplement synonyme d'une cotonnade imprimée de semis de fleurs délicatement colorés, est donc très réducteur. Il ne faut pas limiter le succès cette société à un seul produit  soit il universel comme le Tana Lawn.  

LIBERTY OF LONDON
Londres est le point d'ancrage, de la société Liberty & Co. La boutique est le navire amiral d'une société présente sur tous les continents. Elle est située depuis la fin du XIXe siècle sur Regent Street : c'est une superbe maison dans le style Tudor, à colombages ornés sz sculptures. A l'intérieur, que de merveilles, des tissus et plus encore. Une promenade gourmande et historique pour les passionnés de textiles.



En 1884, voilà comment un journaliste américain rend compte de sa visite dans la boutique Liberty de Londres dans la British and Mercantile Gazette.: "... il est aussi inadequat de considérer Liberty's comme un lieu commercial qu'il le serait de considérer la bibliothèque publique de Boston comme un simple magasin pour stocker les livres. Liberty & Co fait partie de la capitale, au même titre que la National Galery"

LE TISSU: UN LIEN  FAMILIAL
Né à Chestam en 1843 dans le Buckinghamshire en Grande Bretagne, Arthur Liberty est l'ainé de  huit enfants. Son père était drapier et son oncle marchand de dentelles à Nottingham. A la suite de déconvenue professionnelles de son père, Arthur Lasenby devra abandonner ses études et travailler pour subvenir aux besoins de sa famille

UN LONG PARCOURS INITIATIQUE
Il débutera son activité professionnelle dans l'entreprise de son oncle. En 1859 il quitte Nottingham pour Londres. Il est  placé en apprentissage chez un ami de la famille  John Weekes, marchand de tissus établi dans Baker Street.  Si ce nom vous rappelle quelque chose c'est sans doute à cause du héros de  Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes. Celui ci en effet demeure chez Mrs Hudson au premier étage du 221 B de Backer Street. Ne cherchez pas cet 'immeuble, le numéro n'existe que dans le roman.

UNE BOUTIQUE DE TISSUS EN 1860 A LONDRES
Qu'y vend on ? Des mètres ou plutôt des yards de tissus lourds, raides et brillants et craquants pour les robes à crinoline. L'introduction des teintures à l'aniline est à l'origine d'un changement dans les couleurs proposées : elles sont  fortes et criardes. La mode est alors au pourpre, au vert émeraude,   au  rouge magenta.

TROP CLASSIQUE
 Arthur Liberty n'est pas satisfait de ce travail. Rien de bien stimulant pour un jeune homme ambitieux dans la vente des passementerie ou de corsetterie à des dames dont les gouts étaient particulièrement classiques...

UNE EXPERIENCE DE 10 ANS DANS L 'ANTRE DE LA MODE
Fort de sa petite expérience dans la vente d'étoffes il se fait engager chez le spécialiste du châle cachemire et de la mode féminine d'alors Farmer et Rogers' Great Shawl and Cloak Emporium dans Regent Street. C'est l'endroit où il faut être et où il faut aller lorsque l'on suit de près la mode.  Siuée dans l'artère commerçante par excellence la maison Farmer et Rogers côtoie les enseignes les plus prestigieuses : bijoutiers, parfumeurs, drapiers. Nombres de ces entreprises  sont "fournisseurs officiels" de la Reine.
Après l'Exposition Internationale qui se tient à Londres en 1862 la maison Farmer et Rogers ouvre une section " Bazar Oriental"   Le fond du stock  est constitué avec de la marchandise  achetée à la fin de l'Exposition dans les différents stands avant la fermeture. On y  trouve  donc de nombreux  produits d'importations comme des soieries du Japon ou de Chine, des lainages du Cachemire ou des cotonnades des Indes , de la porcelaine, de la vaisselle, et des objets de décoration exotiques, mais aussi des kimonos , des manteaux anciens brodés chinois, des éléments vestimentaires turcs....

UN VENDEUR VISIONNAIRE  
Arthur Liberty fait des choix de marchandises judicieux. Il innove,  il étonne avec de produits différents de celui de ses concurrents. Tout cela va faire de ce rayon tout nouveau du Bazar Oriental un lieu à la mode, où il faut venir chercher l'originalité et la qualité.  C'est un terrain d'expérience sur lequel il joue et dans lequel il excelle. Cet entrepôt de marchandises d'importation placé sous sa direction tient désormais le haut du pavé à Londres en matière de décoration, d'ameublement et de shopping. L'atmosphère y est différente des autres points de vente de la ville, on se promène, on découvre, on chine, on discute, les arrivages sont irréguliers, et on ne sait pas toujours ce que l'on va y trouver, alors il faut aimer l'inattendu, et aller à la rencontre du  coup de foudre. Dans cette description il est vrai que j'ai glissé un peu de l'ambiance "DE  GILLES TISSUS" ceux qui nous connaissent l'auront deviné, les autres sont invités à venir découvrir un lieu encore atypique de la capitale parisienne.

Sans le savoir, comme Monsieur Jourdain fait de la prose, monsieur Liberty  fait du marketing. Il doit susciter la demande, attirer de nouveaux clients puisqu'il introduit des articles nouveaux sur le marché. Il sait faire, car la passion lui donne des idées et un savoir faire qui le différencie des autres commerçants. 
La publicité, se fait petit à petit. D'abord de bouche à oreille, puis les journalistes vont s'intéresser à cet homme qui semble détenir les clés du succès. 
Ses amitiés avec des artistes lui permettent de toucher une clientèle qui jusque là ne passait pas les portes de ce genre de magasin. Comme toujours, des hommes et des femmes d'influence font la mode, les autres suivent. 

UN MARCHE DE  NICHE 
Arthur Liberty va développer  et exploiter  une niche commerciale. Il vise une clientèle précise, un peu délaissée par le commerce traditionnel. Il associe à la vente de produits très spécialisés plutôt haut de gamme une série de services. 
Il va se développer sur un secteur où la concurrence est  quasi inexistante à Londres  Une des conséquences d'un petit marché c'est de pouvoir proposer des gammes d'articles réalisés en petites séries, voir à l'unité.  L'artisanat sera ainsi une formidable source d'approvisionnement au début. Lorsque le succès viendra, que la demande sera conséquente, alors il sera question de produits industriels, mais la qualité sera toujours un point essentiel.  Aujourd'hui à l'époque où l'on dénigre les effets de la mondialisation sur le commerce, on serait bien content de trouver une marque qui nous séduirait par un parcours et des produits atypiques. Je pense, j'espère que cela est de l'ordre du possible, peut être qu'il existe déjà ce lieu, à nous de le découvrir et de le faire savoir.
 Il a réussit à fidéliser une clientèle atypique, que l'on qualifierait aujourd'hui de "bobo" bohème /bourgeois, et  qui adhère à sa philosophie. Embellir le quotidien avec des produits de belle qualité, à des prix raisonnables. Cette idée il n'est pas le seul à la promouvoir, mais il est lui en contact direct avec les acheteurs particuliers alors que les autres sont des artistes, des artisans, des industriels  qui  créent, fabriquent, produisent.

FAIRE ENTRER L'ARTISANAT COLONIAL DANS LE QUOTIDIEN DES BRITANNIQUES
L'idée d'importer des articles venu des colonies n'est peut être pas nouvelle, ce qui en revanche est intéressant c'est qu'il s'agit d'articles de qualité, sélectionnés avec soin. Les tissus sont beaux, les porcelaines et autres objets de décoration peuvent rivaliser avec l'artisanat occidental. Si l'accueil réservé à ces marchandises par les londoniens est excellent il y a une raison qui justifie cet engouement : la colonisation. En effet les colonies britanniques sont nombreuses et au final peu de britanniques connaissent vraiment ces territoires souvent situés très loin de la blanche Albion. Alors acheter un tapis , un shawl  ou un coupon de soie sauvage indiens, c'est un peu faire entrer l'Inde dans leur quotidien.
 Les magasins Pier Import ont un moment réussit ce pari  en commercialisant un artisanat mondial. Le problème fut la qualité de la sélection des produits. Il manquait à la tête de cette entreprise un  entrepreneur comme Arthur Liberty pour que la réussite soit pérenne.

  L'ARTISANAT COLONIAL MIS EN AVANT
Arthur Liberty  fera venir à Londres des artisans indiens, tisserands, brodeurs, sculpteurs  à l'occasion  d'une exposition. Les démonstrations se succéderont en  public. Ainsi le savoir faire artisanal de ces populations sera reconnu à sa juste valeur. Mais l'expérience ne fut pas concluante, l'accueil de ces personnes n'ayant pas été à la hauteur des promesses. Cependant quelques années plus tard, la société Liberty passera des commandes à des artisans indiens, qui travailleront cette fois en Inde C'est ainsi que la soie sauvage est tissée  en Inde par des indiens en écru puis elle est expédiée vers la Grande Bretagne où des entreprises locales s'occupent de la teinture et de l'impression. 


ARTHUR LIBERTY  ET THOMAS WARDLE, UNE EQUIPE GAGNANTE
Monsieur Liberty  cherche désespérement des soies souples et douces, dans des colories délicats  . L'approvisionnement qui vient d'Orient, de Chine ou du Japon ne répond plus aux critères de qualité  de la maison. Plus la demande est importante, plus la qualité de la production baisse. Arthur Liberty espère qu'en s'adressant à d'autres pays comme l'Indonésie il pourra trouver des marchandises de meilleure qualité. Or rien n'y fait. Les soies sont raides, et les coloris de plus en plus vifs. 

LES TISSUS HOME -MADE  
La solution viendra en son temps. Liberty va faire appel aux artisans, manufacturiers et industriels anglais. Wardle  teinturier de haute volée relève le défi : teindre dans des coloris pastels des soies sauvages autrement désignées par Tussor
Les écrus et les blancs sont difficiles à teindre, car le fil n'est pas débarasser du grès et la teinture ne penétre pas au coeur de la fibre. Après bien des essais des métrages de soie sauvage sortirons des  ateliers de Wardle dans les coloris choisis par Liberty. Le teinturier met au point de nouveaux procédés de teinture et de blanchiment  permettant d' améliorer les teintures et surtout d'imprimer les soies sauvages.  
Ces soies qui étaient tissées en Inde en petite largeur  ce qui était un inconvénient pour les utiliser en ameublement. Arthur  Liberty obtint de certains fabricants indiens des tussors en grande largeur... Tout ceci contribua largement au développement de cet article en décoration d'intérieur. L'ameublement deviendra un des secteurs  performant de la société.
Deux ans plus tard Arthur Liberty en devient le directeur de ce rayon qu'il a développer avec tant de talent.
Dans les années 1880 la maison Liberty diversifie ses produits, et les soies d'Orient qui lui avaient valu ses premiers succès sont petit à petit remplacées par des articles réalisés par des stylistes anglais. Les "tissus d'art Liberty" deviennent un signe de raliement pour tout anglais qui se veut à la pointe de la modernité.
 Liberty décida d'importer des tissus bruts et de les faire teindre et imprimer en Grande Bretagne, grâe aux teintureries et manufactures d'impression Thomas Wardle de Leek dans le Staffordshire et Edmund Littler de Merton Abbey dans le Surrey. Vers 1890, Liberty reprit la production totale des imprimeries textiles Littlers, et ses produits devinrent les tissus d'art Liberty, the "Liberty Art Fabrics".

LA LIBERTE POUR LIBERTY
Après plus de dix ans de bons et loyaux services, le rayon dirigé par Arthur Liberty était devenu le plus important de la firme.  Il  estime avoir fait ses preuves et souhaite devenir associé, mais ceci lui est refusé... 
Sa clientèle (artistes peintres, écrivains, comédiens ) va le convaincre de s'établir à son compte. Dans sa nouvelle et folle aventure, ses clients fidèles le suivront, se fondant dans une multitude de nouveaux clients  à travers le monde.
En 1875 Arthur Lasenby Liberty ouvre son premier magasin à Londres sur Regent Street.
fin coton imprimé Liberty

A SUIVRE

lundi 10 juin 2013

SPARADRAP QUEL DROLE DE MOT !

POURQUOI CE POST?
Ce ne sont  pas  les tissus, lin ou taffetas de soie premiers supports textiles du sparadrap,  qui m'ont incité à écrire ce post, quoique.. mais plutôt le mystère à propos de l'origine de ce petit bout de tissu stérile au drôle de nom.  C'est le hasard  qui m'a mis sur son chemin avec la lecture d' un article consacré à un certain Earle Dickson.  Je me suis rendue compte du peu de connaissances que j'avais au sujet d'un  produit qui fait partie de  mon quotidien ou presque. Tellement pratique, tellement efficace, tellement simple, présent dans toutes les armoires à pharmacie, on finit par ne plus y faire attention et pourtant il n'est pas né spontanément ce sparadrap. Il a fallut des siècles, des progrès techniques  et des hommes inventifs pour parvenir à ce résultat.


comme dans toute bonne armoire à pharmacie il y a les incontournables


 le seul problème demeure la couleur chair, car nous n'avons pas tous la même couleur de peau...!


"De gros marlous nègres aux cheveux laineux ornés d'emplâtres carrés, en rose taffetas gommé. Ces messieurs s'étaient disputés la veille dans la rue et le policeman noir lui avait donné sur le crâne quelques coups de sa massue de nuit, plombée."
Paul Morand in New-York, 1930, p. 238.

SPARADRAP QUEL DROLE DE MOT
L'étrangeté de ce mot et une liste  d'étoffes  tombées dans les oubliettes du progrès m'ont incité à poursuivre mes recherches : Taffetas d'Angleterre, toile Gauthier, taffetas gommé, toile de coton ou de fil tels furent les supports originels du sparadrap d'antan  

L'ETYMOLOGIE UNE AIDE PRECIEUSE
L'origine du mot sparadrap est incertaine mais il me semble tenir une piste des plus sérieuses.
L'étymologie  offre une  explication très judicieuse  du sens général de sparadrap.   
En vieux français on trouve  "drap esparé". Notez que l'on utilisait le mot drap  pour désigner un tissu en général, il n'avait pas le sens restrictif que nous lui connaissons.  Si l'on décortique le mot  il y a paré et es. Paré signifiait  garnir,( ce terme est encore utilisé dans le vocabulaire culinaire avec la même signification) Le préfixe es  (esparé)   modifie  légèrement le sens et  esparé signifie étaler. La source latine  vient confirmer ce sens  puisque  " spargere »  signifie répandre, verser.  


QU'EST QUE C'EST? OU PLUTOT QU'EST CE QUE C 'ETAIT?
"Une bande de fil, de coton ou de soie, enduite généralement sur une seule face d'une couche uniforme de masse emplastique ahdéhsive et souple.
Cette masse était déposée sur l'étoffe après fusion en employant deux procédés : à l'aide d'un couteau et dans ce cas il fallait tenir le tissu bien tendu et on déposait alors rapidement une ou deux couches d'emplâtre fondu ; l'autre technique consiste à utiliser un sparadrapier, instrument sur lequel la matière médicamenteuse fondue est versée entre les lames métalliques fixes qui laissent glisser au-dessous d'elles la toile que l'on tire régulièrement. Le sparadrap le plus utilisé est  celui à l'emplâtre diachylon gommé, qui sert surtout à réunir les bords des plaies faites avec section de la peau."
Telle est la définition  trouvée dans un dictionnaire de l'industrie de 1888.


Le sparadrap le  plus courant était à l'emplâtre diachylum gommé, particulièrement efficace pour réunir les bords des plaies faites avec section de la peau.
Le taffetas d'Angleterre était une bande de taffetas dont l'une des faces était enduire d'une solution de colle de poisson  que l'on utilisait comme pansement et pour aider à la cicatrisation des coupures.  
On trouvait également des sparadraps à la résine de thapsia, utililsée comme agent révulsif sous forme d'emplâtre
Le taffetas gommé était un tissu adhésif et imperméable. La partie gommée était obtenue par un mélange d'huile de lin, de gomme arabique et de litharge.(une des formes minérales naturelles de l'oxyde de plomb)
La  colophane, une colle résineuse que l'on trouve dans les résineux était parfois utilisée, mais elle provoquait des allergies. Le nom vient de Colophan, ville d'Asie Mineure d'où l'on extrayait cette résine qui était expédiée en Europe
Ainsi donc le sparadrap  était  un produit complexe, un pansement deux en un, à la fois adhésif et soignant grace à des préparations pharmaceutiques actives. 

Le but étant  premier étant de créer une barrière entre la plaie et le monde extérieur,  pour la protéger et d'aider à la cicatrisation des plaies.  


LES METAMORPHOSES DU SPARADRAP

Sa forme et ses fonctions varient  en même temps que  les avancées techniques et des découvertes médicales. Emplâtre  soignant adhésif,  bande textile adhésive, puis simple ruban en plastique adhérant. 
Je constate que le mot sparadrap  demeure un nom commun, parfois utilisé à tord mais ce n'est pas une marque comme Tricostéril, 3M, Urgo ou silkfix.

Il  se présente toujours sous forme de rouleau, parfois comme les adhésifs de bureau, il est vendu dans une sorte d'escargot en plastique qui permet de le couper facilement aux dimensions désirées. Pratique, rapide, fonctionnel voici ce que le patient attend de ce produit .



En 2013 et depuis longtemps déjà le mot sparadrap à perdu de sa consistance et sa substance. Il ne contient aucun produit pharmaceutique, il est simplement utilisé pour maintenir les compresses stériles qui protègent les plaies.



DE L'ART DE PANSER  
"Confronté à une nature hostile, soumis à des travaux dangereux, engagé dans des conflits militaires incessants, l'homme ne cessa de se  blesser (...) Inhérantes au genre humain, les plaies constituent probablement le plus ancien des problèmes chirurgicaux". Christian Regnier in L'art de panser.

UN VERITABLE PARCOURS DU COMBATTANT
Depuis l'Antiquité, l'homme a pris conscience qu'il devait protéger son corps sans réelles défenses naturelles  en utilisant  des  éléments extérieurs. Ainsi naquit le vêtement et le pansement. 
Les solutions étaient à la mesure de ses connaissances et de ses possibililtés techniques  
Les blessures, les éraflures, les morsures,  les plaies  sont fréquentes. La faute à qui? A la nature sauvage, aux animaux, aux intempéries qui mettent à l'épreuve le corps humain, lorsque ce n'est pas  l'homme lui- même qui se détruit par les guerres  ou les rixes. 
Le pansement devint à l'évidence indispensable. Il apparait dans l'histoire de l'humanité sous des  formes diverses ...  

SPARADRAP ET PANSEMENTS  

Les progrès de la médecine ont eu des conséquences sur l'art et la manière de panser et sur la formation du  personnel soignant
De fait on distingue désormais le sparadrap passif,  du pansement actif. 
Le sparadrap, de tissu médicalisé est devenu un simple ruban adhésif.  
Le pansement est un ensemble composé de compresses, de gaze ou de coton hydrophile et de produits médicamenteux, qui sera en contact avec la plaie et la peau. Il est  indépendant du mode de fixation qui peut être un bandage ou du sparadrap .

L'idée du sparadrap /pansement est vraiment ancrée dans notre mémoire, alors que depuis bien des années ces deux produits sont désormais distincts.


"[Corte] est en train de téléphoner. Il n'a plus de bandages, mais seulement un pansement de sparadrap (CamusCas intéress.,1955, 2etemps, 7etabl., p. 672).

.

DE FILS EN AIGUILLES  
Selon les régions du monde, l'homme utilisa ce qu'il avait à portée de main  et fit ce qu'il pouvait avec ses connaissances. Il tira partie de ce que la nature lui offrait, pour s'habiller se nourrir et se soigner. Les feuilles servait à protéger les plaies, les baies et les herbes aux propriétés  soit antiseptiques soit hémostatiques étaient posée sur les blessures pour calmer la douleur, éviter les infections...   
Aujourd'hui l'Amazonie est encore un  réservoir de  plantes médicinales utilisées au quotidien par les autochtones. Ils connaissent les vertus des plantes, ils savent où les trouver, ils les utilisent avec modération. 


En Amazonie, il est parfois périlleux d'aller chercher le bon remède, chez nous il suffit de traverser la rue et de se rendre dans une pharmacie...

Lors d'une rencontre avec un chef de tribus amazonienne, j'ai pu percevoir le désespoir de ces habitants qui  considèrent que les grands laboratoires pharmaceutiques viennent piller le trésor de cette partie du monde.  

Du végétal brut on passe ensuite au végétal transformé : de la tige au tissu. Les feuilles qui couvraient les plaies seront remplacées par des morceaux d'étoffe 

Des siècles durant les déchets de fibres, d'étoupes, ou parfois des chiffons seront utilisés pour panser les plaies.
 Jamais à court d'idée, l'homme utilisa la résine de certains arbres  en guise de colle pour améliorer d'adhérence des bandes qui maintenaient le pansement.

A  force de tâtonnements, d'expériences parfois négatives et dangereuses qui firent plus de mal que de bien aux blessés,  des solutions furent trouvées.    

Les avancées techniques et les progrès de la médecine seront à l'origine de la sophistication du sparadrap  : plus fin, plus imperméable, plus collant, plus aéré etc...






Nos ancêtres disposaient d'un arsenal médical déjà très complexe comme le  prouve un traité de médecine égyptien retrouvé sur des feuilles de papyrus, datant de plus de 4000 ans. Nous voila renseigner sur l'art et la manière de faire des pansements : le personnel médical confectionnait des compresses de lin  puis les imprégnaient de miel et de graisse afin de permettre une adhérence du pansement. La douceur de la mixture ne provoquant de fait aucun dommage, ni eczéma ni rougeurs sur la peau  autour de la plaie

Les grecs  et les romains  possédaient eux aussi une pharmacopée importante. L'usage du pansement était une problématique quotidienne que chaque civilisation essaya de résoudre à sa manière.

RENCONTRE ENRICHISSANTE

Si les voyages forment la jeunesse, les guerres sont propices aux échanges. Les croisades ne furent pas seulement un déferlement de violence, elles furent aussi un point de contact entre deux civilisations. La médecine orientale avait pris une belle avance sur les connaissances des occidentaux. Il arriva ce qui devait arriver : les échanges enrichirent les deux parties, surtout les occidentaux.

LE MOYEN-AGE PAS SI OBSCUR QUE CELA
En 1314 Henri de Mondeville. médecin  de Philippe le Bel se préoccupa de la manière d'améliorer l'efficacité des pansements. Ses recherches aboutirent à la fabrication de spéradru, une bande de tissu impregnée de substances médicamenteuses. Il émit une idée révolutionnaire pour l'époque : désinfecter les plaies et poser le pansement sur et non à l'intérieur de la plaie.
 Mais les idées nouvelles sont difficilement acceptée et ce n'est qu'au XIXe siècle que sa théorie sera mise en application.


LA COMPLEXITE DU PANSEMENT AU XIXE SIECLE

"Les pansements étaient compliqués et difficiles, la fixation des appareils et des linges par le sparadrap n'ayant pas encore été imaginée à cette époque"

 (HugoMisér.,t. 2, 1862, p. 595)


Le sparadrap  est toujours un ruban de tissu mais les produits utilisés pour lui conférer une meilleure adhérence sur la peau deviennent  plus sophistiqués et le matériel  se perfectionne. On applique une colle à base de poisson sur lequel on étale des onguents, à l'aide d'un appareil nommé sparadrapier. 


Jusqu'au XIXe siècle les emplâtres étaient fabriqués au fur et à mesure, à la demande, dans les centres de soins, les hopitaux ou dans les cabinets des médecins. Les onguents étaient composées de diverses produits pharmaceutiques 
La préparation était délicate, l'emplâtre devant tenir sur le support textile,  ne pas s'émietter,avoir la consistance parfaite qui permettait une bonne adhésion sans coller sur la plaie  pour activer la guérison.  
Les substances utilisées pouvaient parfois aggraver le mal ou bien causer des dégats sur la peau saine, de plus leur mise en place nécessitait de l'habileté de la part du médecin et du courage pour les blessés.

A partir du  XIXe siècle des recherches continuent, menées par des scientifiques, des médecins et des pharmaciens afin  de perfectionner les emplâtres,  de simplifier leur utilisation, d'améliorer leurs performances .



DES CHANGEMENTS PERCEPTIBLES  
La découverte du rôle des germes dans les infections va bouleverser un grand nombre d'idées reçues et entraîner un changement dans le traitement de la cicatrisation des plaies.


Des siècles durant les chirurgiens avaient pour habitude d'introduire des substances médicamenteuses à l'intérieur des plaies afin d'accéler la cicatrisation. C'est une erreur d'appréciation et de diagnostique qui subsistera jusqu'au 19 eme siècle qui  a été  fatale à  bien des malades.


En Angleterre à  Birmingham en 1880  le chirurgien Joseph Gamgee créa un pansement constitué de ouate et de gaze chirurgicale. La nouveauté réside dans le fait que ce type de pansement est absorbant et  antiseptique. Ce fut une avancée technique facilitant la cicatrisation des plaies. Il parait que dans la région on appelle toujours la ouate de coton Gamgee, en référence à ce célèbre chirurgien  

LE XXE SIECLE   ON N 'ARRETE PAS LE PROGRES 

Au XXe siècle les moyens techniques et les avancées dans le domaine médical permirent à une   production artisanale  de devenir  industrielle. La  diffusion du "sparadrap" s'en trouva facilité.

Au XXeme siècle le sparadrap n'est plus qu'un ruban adhésif, mais le support  a changé,  ce n'est plus un tissu de coton, de lin ou de soie mais un vinyle souple rendu adhésif par l'application d'un produit de synthèse et de surcroit devenu anallergique par la magie de la science.


OSCAR TROPLOWITZ, EARLE DICKSON, AUGUSTE LUMIERE ET LES AUTRES
La contribution  de ces hommes améliora la qualité soins médicaux, et de fait ils méritent qu'un hommage leur soit rendu  au moins dans ce post.

En Allemagne en 1910, les travaux sur les adhésifs médicaux permirent à Oscar Troplowitz, pharmacien de profession, de faire fabriquer industriellement les premiers pansements individuels adhésifs.



LA DESINFECTION, L'ANTISEPSIE 
La cicatrisation s'améliore grâce aux progrès de la médecine. Ces deux  découvertes révolutionnent les méthodes de soins et surtout la manière de panser.
La désinfection permet d'éliminer des micro-organismes sur des milieux inertes, alors que l'alors que l'antisepsie à pour but de détruire des micro organismes sur des tissus vivants.

AVANT LA GUERRE DE 14/18 
Le personnel de santé était bien démuni face à la demande. Ni formation ou incomplète ni médicaments efficaces. 
Jusqu'a la fin du XIXe siècle, le métier d'infirmière n'existait pas, l'ouverture de la première école date de la fin du XIXe siècle.
Le mot infirmière vient d'enfermer lui même composé du mot infirme, du latin in firmus = qui n'est pas ferme. Ce sont des bénévoles civiles et les membres d'ordres religieux qui durant des siècles s'occupèrent de donner des soins, et secondaient si nécessaire  les médecins

 PENDANT LA GUERRE
Le nombre de blessés du coté français est important dans la première année de l'affrontement. Les blessures sont fréquentes à la tête. L'explication est simple : l'uniforme des soldats comportait un képi, protection fort mince contre les obus et la mitraille. Ce n'est en 1915 que le casque remplaça le képi ( pour les uniformes en temps de guerre), et par la même occasion, le pantalon rouge garance,qui faisait de nos soldats de magnifique cible pour l'ennemi, fut remplacé par un uniforme bleu horizon...

Le personnel de santé était bien démuni face à la demande. Ni formation ou incomplète ni médicaments efficaces. 



En France  Auguste Lumière, inventeur  entre autre chose du cinéma, eut une grande capacité d'innovation. Ainsi il commercialise en 1915 via sa société Lumière, le tulle gras,  semi occlusif ,pansement stérile sans onguent.  L'usage de la gaze de coton participe largement à l'augmentation de l'efficacité du pansement.

Monsieur Lumière estimait que l'abus de poudre ou d'onguent provoquait des lésions comme l'eczéma sur la peau autour des plaies. Le pansement fabriqué par la société Lumière était non adhérant , il était maintenu sur la plaie à l'aide d'un bandage stérile. Cette innovation eu l'avantage de réduire  visiblement le temps de cicatrisation fut d'une grande utilité en ce temps de guerre car sur le front il fallait soigner les soldats blessés. 




APRES LA GUERRE
Avec l'avancée de la science, les découvertes comme celle de Pasteur, les techniques nouvelles, la médecine réclame une formation plus spécifiques et le personnel soignant doit être formé. La guerre de 14/18 va être à l'origine  de l'officialisation de ce métier. Un diplôme couronne désormais la fin des études
 et permet d'exercer cette profession


LE PANSEMENT INDIVIDUEL PRET A L'EMPLOI

En 1920 aux USA un certain Earle Dickson  met sur le marché le premier pansement  stérile individuel. Si Joséphine sa femme n'avait pas été aussi maladroite lorsqu'elle cuisinait, si elle ne se coupait pas régulièrement  les doigts en épluchant les légumes ou en découpant la viande, son mari ingénieur chez Johnson et Johnson n'aurait pas eu l'idée de fabriquer un pansement  plus facile à utiliser.
Le pansement prêt à panser était né. Jusque là pour protéger une plaie  il fallait procéder en deux étapes et le faire seul lorsque l'on s'était blessé n'était pas aisé.
D'abord poser une gaze stérile sur la la plaie puis couper un morceau de  ruban adhésif pour la maintenir en place .
Autre inconvénient était le manque de tenue : au bout de quelques minutes le pansement ne tenait plus sur la plaie. La gaze partait de son coté, le sparadrap restait collé sur la main et la poussière pénêtrait aisément dans la plaie mal protégée. Il en allait autrement lorsque c'est un médecin ou un membre du personnel médical qui faisait le pansement, mais pour un petit bobo il fallait se débrouiller  souvent d'une seule main. 
 L'idée novatrice de Dickson fut de faire fabriquer un article tout en un. Un bande de tissu enduite d'une matière adhésive avec en son centre un morceau de gaze stérile qui sera en contact avec la plaie. Simple ? Oui, mais il fallait y penser.
  Dans un premier temps, l'article se présentera sous forme de rouleau,  et il suffisait de couper la longueur de ruban nécessaire en fonction de la taille de la blessure et de l'appliquer sur le bobo. La plaie était protégée et   l'arrêt des activité n'était pas nécessaire.
D'abord fabriqués artisanalement il fallut industrialiser la production lorsque les ventes décollèrent. 
Comment Dickson réussit -il à faire connaitre son produit? Le marketing était la clé du succès. La société  fit don aux boys -scout de sa région d'un stock de pansements appelés band-aids. Le coup publicitaire fut payant. Les enfants firent connaître  cette nouveauté à leur famille et ainsi débuta le succès d'une invention due à  la maladresse d'une ménagère et à l'attention que lui portait son époux..

En 1924 les pansements étaient fabriqués en usine, en 1939 ils étaient stériles et en 1958 le support textile à l'origine en coton fut remplacé par le vinyle, plus résistant à l'eau.


 Là  j'ai bifurqué et  c'est vrai je me suis éloignée du véritable sparadrap. Sans doute parce qu'il n'existe plus dans la forme initiale c'est à dire tissu enduit d'onguent. Sa forme s'est simplifiée au maximum pour ne plus être que l'ombre de ce qu'il fut, un simple ruban adhésif, quasi invisible



 LES PANSEMENTS DANS TOUS LES ETATS
 Un grand nombre de marques de ruban adhésif  et du pansement inondent le marché de la parapharmacie,  la concurrence est rude. Chacun voulant innover dans ce domaine, on trouve des pansements prédécoupés, colorés, flous imprimés, transparents, anallergiques...

Le progrès  réalisés dans le domaine du pansement est une chose à laquelle nous devrions penser lorsque nous  saisissons d'un geste automatique un pansement dans la boite, et que la plaie se trouve rapidement et  efficacement protégée. 


UN PRODUIT UNIVERSEL AU XXI EME SIECLE

Cette bande de tissu ou de matière plastique est présentée sous des aspects différents. Le support peut être plus ou moins poreux, élastique, perforé ou non mais il y a toujours une face enduite d'une matière adhésive. La bande s'applique sur la peau par simple pression et sert à maintenir un pansement stérile.Qu'il se nomme  Sparadrap en France,  surgical tape aux USA, ou encore plaster  en Grande Bretagne,  quelle que soit sa présentation, l'idée demeure la même depuis des siècles, un ruban adhésif permettant de fixer sur la peau un pansement.

LE PANSEMENT AUJOURD'HUI
Ce produit sérieux, fut détourné par les publicitaires et c'est sur un ton humoristique que sont arrivées les premières publicités pour les pansements modernes
 Souvenez vous de celle d'Urgo. "il y a de l'Urgo dans l'air, il y a de l'air dans l'Urgo". C'est le début des pansements  respirants, et imperméables.
Ensuite les marques insistèrent sur le coté médical de l'article. Tricostéril fait passer dans son nom le message essentiel . L'idée de l'extensibilité  vient avec le terme utilisé tricot  et l'aspect médical sérieux avec stéril. D'ailleurs les pansements tout prêts sont désormais stériles.
Depuis les années 60 la société 3M est leader sur le marché des rubans adhésifs et  propose des produits innovants dans le domaine médical.
On peut ainsi  utiliser ces produits "nouvelle génération" sur les peaux délicates comme celles des enfants, ou sur  le visage 
Le sparadrap 3M™ Micropore™ non seulement adhère parfaitement à la peau, peut se repositionner,  il est hypoallergénique et  le retrait du ruban adhésif n'entraine aucune douleur  et ne laisse aucune marque sur la peau, même les plus sensibles.  C'est un "sparadrap" confortable,  la bande adhésive en sillicone est extensible, n'entrave pas les mouvements. Jen ai moi même fait l'expérience : un petit bobo au doigt, un pansement et j'ai continué à couper le tissu...et le pansement a tenu. Ceci n'est pas une publicité mais une constatation.



L'EVOLUTION DU SPARADRAP: DE PLUS EN PLUS FONCTIONNEL DE PLUS EN PLUS DISCRET DE PLUS EN PLUS EFFICACE
Ce qui a changé? Il est fin, hypoallergénique, c'est à dire qui minimise les réactions allergiques, perforé et quasiment invisible, il adhère à la peau par simple pression, il est utilisé par les particuliers comme par les professionnels et il est vendu dans les pharmacies ou les grandes surfaces.


LE RETOUR DU PANSEMENT ADHESIF AUX PRINCIPES ACTIFS 
A partir des années 1960,à la suite des résultats des travaux de Winter il résulte que les plaies protégées par un pansements occlusifs humides  cicatrisent plus rapidement que des plaies laissées à l'air libre. Les laboratoires pharmaceutiques vont  commercialiser dans un premier temps des pansements hydrocolloïdes dans les années 80, puis viendront les pansements hydrocellulaires mieux tolérés, puis les hydrogels pour les plaies trop sèches et les alginates et hydrofibres pour les plaies suintantes.

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Pour tous les bobos de l’anodin au compliqué, pour toutes les plaies , brûlures, éraflures, coupures, des pansements techniques, confortables, s’adaptant aux mouvements, ludiques (avec des motifs pour enfants) sont proposés, même quelquefois avec un principe actif comme l’Aloe Vera pour apaiser les ampoules, pour le bain un film imperméable. De nos jours le pansement est presque un médicament, il apaise, soigne, prévient et console.
 C'est un hommage à Earle Dickson le tout en un prêt à panser.
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DE LA DOUCEUR ET DE L' EFFICACITE
Aujourd'hui il existe des sparadraps hypoallergéniques  comme ceux proposés par la société silkafix. Le taffetas est tissé avec des fils d'acétate, le produit adhésif est   doux pour la peau, sans colophane 

LE SPARADRAP   DANS LA LITTERATURE ET LA BANDE DESSINEE

AMOUR ET SPARADRAP DE CHARLES EXBRAYAT,
TARTARIN DE TARASCON
"Le pharmacien Bézuquet lui confectionna une petite pharmacie portative bourrée de sparadrap, d'arnica, de camphre"(A. DaudetTartarin de T.,1872


TINTIN, LE CAPITAINE HADDOCK ET UN MORCEAU DE SPARADRAP ...
Hergé empoisonne la vie du capitaine Haddock dans L'affaire Tournesol comment? Avec un bout de sparadrap dont il aura bien du mal à se débarrasser . "bon voyage petit sparadrap!"
C'est le  célèbre syndrome du sparadrap du capitaine Haddock qui le suit tout au long de cet album.  En  même temps  cet épisode a donné au sparadrap un moment de gloire.


AVERTISSEMENT
Si cet article vous a intéressé voir passionné,  sachez qu'il s'agit d'un post informatif,  et que je vous recommande d'un user qu'avec modération, en aucun cas je ne préconise un usage intensif  de ce  produit. 
J'ai juste trouvé curieux que l'histoire d'un  objet de la vie quotidienne soit aussi méconnu.