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lundi 16 février 2015

N°1 DANS LES COULISSES DE LA FIBRE "POLAIRE"






"POLAIRE" UN ADJECTIF DEVENU UN NOM COMMUN
Ce post n'est dédié ni à l'ours, ni aux pôles, encore moins à l'étoile mais à une étoffe technique, tricotée avec un fil polyester, baptisée symboliquement
"polaire."

A l'origine, c'est-à-dire dans les années 80, les articles  dits "polaire" étaient destinés plus spécifiquement aux aficionados de l'outdoor. C'était l'équipement idéal, plus moderne que la laine, le "must have", censé protéger randonneurs ou voileux, des aléas climatiques
Depuis cette époque, les fabricants ont revu leurs copies, apportant de nombreuses modifications  tant au niveau de la fabrication de la fibre que de la finitions des articles. Les couleurs font partie du jeu, les stylistes misent sur l'élégance dans l'effort. L'offre s'est élargie et s'adresse désormais à toute la famille, sportive ou non, et à un public averti qui cherche à optimiser ses performances grâce à un équipement approprié.
Que vous soyez adepte des activités en plein air, que vous pratiquiez un sport épisodiquement ou assidûment, que vous aimiez des vêtements confortables et fonctionnels pour vos promenades en foret ou vos randonnées en montagne, vous connaissez, mieux, vous possédez certainement une "polaire" sous forme de pull, de plaid ou peut être  même de bonnet, gants et ou chaussettes. Cette matière est si tentante lorsque le froid arrive.


Une tenue pelure d'oignon, pour se couvrir et se découvrir en fonction du climat.  
PAS DE SENTIMENT
Les clients fidèles à ces articles ont un attachement attendrissant à leur "polaire" ; c'est l'amie indispensable des sorties matinales en vélo, des parties de pêche entre copains ou du jogging du dimanche matin sur le parcours de santé du parc voisin avec les enfants. C'est le cocon que l'on enfile pour affronter le froid. On en parle comme de son cachemire ou de sa petite laine mais en retour, elle n'est pas aussi fidèle car trop souvent une polaire perd de sa prestance au bout de quelques lavages. Son apparence physique décline peu à peu. Force est de constater que ce n'est pas un crève cœur de se séparer d'une polaire usée pour la remplacer par une neuve, alors qu'avec un cachemire ou une laine c'est d'ordre sentimental, c'est comme un doudou, les souvenirs y sont enfouis et l'aspect physique est devenu secondaire.
Ce vieux doudou croule sous le poids des souvenirs et, malgré un physique ingrat, une amitié  indéfectible le lie à son propriétaire 
Le handicap de la longévité mis à part, la polaire est un incontournable de nos dressing. La consécration est arrivée avec l'admission dans le Larousse du mot Polaire = textile polaire - vêtement en fibre polaire.

MOINS MYSTERIEUSE QU'IL N'Y PARAIT
Les mentions portées sur les étiquettes ne sont pas innocentes. Elles sont là pour octroyer à ces vêtements un haut niveau de technicité.  
Laine polaire, fourrure polaire, fibre polaire ou polaire tout court, qu'est-ce que c'est ? Tout et rien. Le mystère est savamment entretenu par un marketing parfaitement huilé. 
En réalité, c'est une fibre bien modeste qui est utilisée pour fabriquer accessoires et vêtements techniques.  
La méthode Coué semble marcher. Reste à prouver que cela fonctionne une fois le produit descendu de son piédestal.
La polaire est fabriquée principalement à partir de polytéréphtalate d'éthylène ou PET.
Plus prosaïquement, cette fibre appartient à la famille des polyesters saturés, issus de la pétrochimie. Eh oui, ce n'est que cela !

DES PRODUITS ET DES HOMMMES
Le polytérephtalate d'éthylène fut découvert par J.Rex Whinfield et James Tennant Dicksonen 1941 en Grande Bretagne. Transformé en fibre textile, le PET est commercialisé par différentes sociétés dans le monde avec des marques telles  Dacron ® aux USA, Tergal® en France Terylène ® en GB, Trevira® en Allemagne 


LES COULISSES
A partir de cette fibre P.E.T., l'industrie fabrique entre autres produits, des bouteilles en plastique transparentes et recyclables ainsi que des fils textiles utilisés pour la fabrication des mailles polaires.


L'ETOFFE POLAIRE : MAILLE OU TISSU?
La maille est une étoffe obtenue par tricotage, le tissu est une étoffe obtenue par tissage. La "polaire" est une maille qui apporte un confort, une aisance que l'on obtient pas avec un vêtement coupé dans un tissu qui ne possède pas cette extensibilité. Avertissement à ceux qui veulent travailler une telle étoffe: sachez que trouver le droit fil d'une maille est plus périlleux que trouver le droit fil d'un tissu. Plus votre polaire sera fine, plus elle sera difficile à travailler. Couper droit réclame une belle dextérité et, bien sûr, c'est une étoffe extensible qu'il faut éviter d'étirer en cousant : utilisez une aiguille neuve. Un conseil : choisissez un modèle simple, géométrique, évitez les courbes, les empiècements et les mélanges avec d'autres matières textiles. Donc, pour couturière expérimentée. 

LI EDELKOORT OSE DEFIER LE MONDE DE LA MODE ET ELLE A RAISON

Avec son manifeste anti -mode Li Edelkoort,  fait voler en éclat un univers superficiel. Si les stylistes, les journalistes, les enseignants en prennent pour leur grade, c'est peut être un bienfait, pour la mode et surtout pour les clients. Voici le texte, à méditer!
Lidewij Edelkoort : « La mode est morte. Vive le vêtement ».
La consultante en tendances tient à préciser d’emblée, comme pour s'excuser : « J’aime la mode, Passionnément. » Elle n’avait pas vraiment besoin de nous le rappeler : en 2008, le time magazine ne l’avait pas nommé sans raison comme l'une des 25 personnes les plus influentes de la mode. Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour affirmer que la voix de Lidewij Edelkoort porte loin : le succès, jamais démenti, de ses revues View on Colour et Bloom atteste la richesse de ses propositions créatives ; quant aux cahiers de tendances destinés aux industries mode et textile, design, décoration d’intérieur, beauté et bien-être, qu’elle conçoit personnellement tous les six mois, ils sont mondialement distribués.
Notre fashion system set complement obsolète.
J'aime la mode et pourtant, je ne pouvais pas ne pas écrire ce texte, intitulé "anti-fashion" continue t elle. Ce manifeste professionnel c'est la constatation qu'un changement radical s'est opéré dans  la mode qui rend le fashion system actuel complètement  obsolète. Cela commence par l'enseignement. Les écoles et les académies de mode continuent d'enseigner aux jeunes étudiants à devenir des designers de podium, des divas. On continue à leur faire croire que la mission qui les attend est de devenir une personnalité hors normes, que personne ne pourra jamais égaler. En d'autres termes, les écoles continuent d'enseigner le principe de l'individualité farouche à des jeunes dont l'environnement, à l'heure des réseaux sociaux, est désormais basé sur le partage, sur la création en commun. De facto, l'enseignement de la mode est donc démodé.
Un monde sans intérêt pour le textile
" C’est finalement la première fois dans son histoire que la mode, censée être en avance sur son temps, n’est pas capable de réagir à son époque ", martèle la prévisionniste. On enseigne aux étudiants à devenir des petits Karl, à créer des vêtements, des sacs, toutes sortes d’accessoires pour les autres, à s’occuper du défilé, des catalogues, de la communication, de la photo. Tout cela en trois ans. Et dans ces trois années d’enseignement au final, il n’y a plus beaucoup de temps consacré aux vêtements qui ne sont plus qu’une donnée parmi de nombreuses autres ». La situation des ateliers qui ont été sacrifié sur l’autel de la mondialisation rend encore plus difficile l’apprentissage des techniques : « ce qui fait qu’aujourd’hui, on en arrive à former des fashion designers qui ne connaissent pas le tissu, qui ne savent pas comment fonctionne le textile, ni comment réagit la fibre. Bientôt on ne connaitra plus que la popeline et le jersey pour le reste de nos vies. C’est terrifiant». D’ou l’intérêt, au passage, de proposer à ses clients un nouveau cursus d'études permettant une meilleure compréhension des mécanismes inhérents aux tissus de la saison.
La presse aussi en prend pour son grade avec des remarques cinglantes concernant le manque d’éducation générale des rédactrices modes : « on a vu par exemple dans des magazines très importants comme Vogue ou Marie-Claire, des annonces triomphales se réjouissant du retour des imprimés. Faites vos devoirs, mesdames les rédactrices, et ne parlez plus d’imprimés quand en fait, il s’agit de jacquard. »
Le reste du manifeste est dans la même veine : l’opinion publique qui doit être alertée sur le fait que les vêtements peu chers (qui - comble du ridicule - copient désormais les codes du luxe) manufacturés dans des pays où la main d’œuvre est exploitée, a du sang sur les mains ; la perte d’intérêts qui en découle pour les savoir-faire locaux, l’attitude irresponsable des médias qui prônent comme une panacée le fait de ne jamais porter la même tenue deux fois ; le fait que les designers sont poussés par le marketing à considérer désormais le vêtement comme un simple accessoire au services des autres accessoires, comme les sacs et les chaussures. « Quand vous faites la liste, il n’y a plus de créateurs qui créent véritablement de la mode. Tout simplement, parce que le marketing a tué l’industrie de la mode en la surexploitant, en faisant vivre aux designers un stress infernal (ils doivent tout faire) où leur originalité est immolée à la recherche constante du slogan, en saturant le marché de produits faits pour créer de belles images conçues pour être « likées » (afin de vendre du parfum), au détriment de vêtements faits pour être portés».

Et les consommateurs dans tout ça ? Lidewij Edelkoort a la pressentiment que les nouvelles générations ne ressentiront plus besoin de posséder seules l’intégralité d’une garde robe exponentielle. Elle cite l’exemple de jeunes clientes chinoises qui n’ayant pas assez d’argent pour acheter la pièce rêvée à La Petite Robe Noire, décident sans hésitation de l’acquérir à deux. Et de vanter les projets à priori un peu fous comme l’habibliothèque à Paris, qui offre la possibilité (tout en luttant contre la fast fashion) d’emprunter des marques créateurs à un budget accessible. Conclusion : « les vêtements seront la réponse au fashion system qui s’est déréglé. Analyser et conceptualiser une tendance n’aura plus d’intérêt que si on le fait d’un point de vue anthropologique et humaniste, que si on revient aux fondamentaux de la ‘couture’ avec son noble intérêt pour le tissu et la ‘facon’ tels que nous les scrutions avant l’invention du prêt à porter. C’est la raison pour laquelle la présentation de ce soir (et celles à venir) ne parleront plus de mode - un concept qui n'a plus de raison d'être aujourd'hui - mais de vêtements ».

mercredi 11 février 2015

COMPTOIR DES COTONNIERS : ENFIN UN FABRICANT QUI PREND SES CLIENTS AU SERIEUX

Bravo au "comptoir des cotonniers". L'article sur le Jacquard est simple et clair.  C'est un exemple à suivre pour la concurrence . Un peu de culture dans notre quotidien ne peut qu'être bénéfique.  Une communication intelligente ça mérite un coup de chapeau! Voilà qui est fait.