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jeudi 31 mars 2016

UN VESTIAIRE DANS L'AIR DU TEMPS

Quoi de plus naturel, de plus abstrait, de plus léger, de plus transparent,  de plus invisible que l'air (pur) ? Quoi de plus essentiel que l'air (pur) ?
Nous sommes capables de détecter toute cette subtilité véhiculée par l'air. Il change au gré des saisons, tout comme notre garde robe.  N'avez-vous jamais constaté que, hors des villes, l'air d'automne sent la mousse, les champignons, il nous met en appétit. L'air d'hiver est vif, frais, cinglant. Il rougit nos joues et gèle nos mains. L'air du printemps, délicieusement réchauffé par les doux rayons du soleil, caresse amicalement notre peau. Enfin l'air d'été, mine ne rien, l'air de ne pas y toucher, disperse à tous vents les fragrances des fleurs qui dessinent des guirlandes dans nos campagnes. Toutes les saisons ont des couleurs, notre vestiaire aussi.

Cependant, bien que l'homme empoisonne tous les jours un peu plus ce cadeau de la nature, il  n'a de cesse de le conserver intact, inodore, insipide, impalpable, comme au premier jour de la création.
Mais comme le pire n'est jamais certain, je sais qu'il existe encore des lieux d'une pureté primaire : j'en ai personnellement découvert deux.
Le premier est au Pérou. Sur les bords du lac Titicaca situé à 3600 m d'altitude, j'eus l'impression  que le ciel était à portée de main. Rien entre les étoiles et le bout de mes doigts sinon un espace vide et incroyablement transparent. Un air limpide, oui limpide. Cette pureté se sent et se voit. C'est une impression extraordinaire, difficilement explicable. Voir l'invisible semble absurde et pourtant je garde en mémoire une sorte de vide très présent.
Le second fut en Afrique du sud sur la pointe sud, à l'extrémité du continent africain, à portée de vue du "cap de Bonne Espérance” après plus rien que l'eau, l'eau et les glaciers très loin encore, le pôle sud. A cet endroit précis j'ai senti l'air, l'air pur, l'air qu'aucun autre humain n'avait respiré, l'air qu'aucun humain n'avait pollué venu tout droit des glaciers du sud. Je l'ai senti, non ressenti. J'en ai rempli mes poumons à en éclater, j'ai inspiré comme jamais, à vouloir prendre des réserves pour l'année. Une odeur de frais, de délicieusement naturel, avec un soupçon de je ne sais quoi de particulier, difficile à cerner, et encore plus difficile à décrire, peut être quelque chose qui dépasse la dimension humaine, l'espace infini.

Et les tissus dans tout cela me direz vous ? J'y viens. En les côtoyant quotidiennement, j'ai constaté qu'il existait des correspondances entre les étoffes et les forces naturelles qui nous entourent : ces quatre éléments essentiels sans lesquels la terre ne serait pas notre planète bleue : l'air, le feu, la terre, l'eau.
Ce sont les philosophes grecs qui sont partis d'une hypothèse selon laquelle tous les matériaux constituant le monde seraient composés de ces quatre éléments ; les étoffes seraient donc aussi concernées.
Après ce bon bol d'air, cette ballade au bout d'un monde, je me propose justement d'associer air et textile.
L'air c'est l'espace, l'infini ; ce devrait également être la pureté. Quels sont les tissus qui correspondent à ces idées? A priori des étoffes invisibles, claires, légères, immatérielles, et curieusement muettes, jamais un frou-frou plus haut que l'autre. Muettes je vous dis les mousselines et autres organza. Un courant d'air entre les plis d'un voile n'aura qu'une répercussion visuelle. Le calme et la sérénité sont des qualités que peuvent revendiquer ces étoffes dans le vent.

Comme l'air que nous respirons, ces étoffes jouent un rôle primordial dans notre quotidien. Elles habillent, protègent, préservent, décorent, embellissent, séduisent, parent, magnifient leur environnement immédiat. Des tissus aériens, transparents, légers, frissonnants, immatériels, les voilà qui bougent au gré du vent, les voici qui font le dos rond lorsqu'ils se remplissent d'air. De l'air, de l'air de l'air!!!

La plus simple des étoffes est la toile. Une toile fine et opaque, voire transparente : c'est le voile. Zénana, zéphyr, linon, baptiste. Quel que soit le nom qu'on lui donne, le voile frissonne au moindre souffle d'air, il habille nos fenêtres, nous protège des rayons du soleil. C'est lui qui masque le visage de la jeune mariée, qui cache les larmes des veuves.
Le voile est un écran imperceptible qui vole, masque, cache, suggère. Il aime l'air, il est proche de la nature, il incite au silence, il a la légèreté de l'insouciance, il est comme l'air, libre de ses mouvements, de sa gestuelle, il est authentique dans les matières naturelles, technique lorsqu'il est en fibre synthétiques.

Un autre tissu aérien sans doute plus précieux que le précédent : la mousseline ou chiffon selon l'appellation anglo-saxone. Tissage ambigu dont l'aspect est dépendant de la matière. La mousseline tient dans le creux de la main, elle est docile, inerte, presque invisible. Mais si elle affole les couturières les plus aguerries, c'est parce qu'elle cherche par tous les moyens à s'échapper de l'aiguille de la machine à coudre, sa finesse extrême la rend indomptable et la travailler devient un exploit. Le résultat en vaut la peine, la mousseline réchauffe avec une élégance ultime notre cou ; elle devient sensuelle lorsqu'elle se fait sous-vêtement ; pudique lorsqu'elle habille un décolleté, un rien coquine quand elle se transforme en déshabillé. La mousseline de soie est une acrobate de tout premier ordre lorsqu'elle accède à la liberté, elle tournoie dans les airs, s'épanouie dans le vent avant de retomber dans le silence absolu sur la terre ferme. Même pas mal, toujours impeccable.
  
Un petit troisième ?  La toile de parachute aussi dénommée toile de spi. Ce tissu est magnifié dès qu'il ne touche plus terre, il revit dans l'air, il prend ses aises, il s'enfle, gonfle mais n'éclate pas. Autrefois en soie au tissage très serré ne laissant pas passer l'air, il permettait aux parachutistes de freiner leur chute, voire de planer dans les airs. Aujourd'hui, le polyamide permet d'obtenir des tissus légers, solides, colorés souvent utilisé pour fabriquer de magnifiques cerfs volants et des voiles de bateaux.

Et pour finir je ne résiste pas au plaisir de vous présenter le prince des tissus : l'organza. 
C'est un fil de soie non décreusée qui confère une certaine raideur à cette étoffe. Elle est rare dans le prêt à porter, utilisée avec parcimonie dans la haute couture, difficile à travailler car il n'accepte pas le repentir. Le tissu autorise des modèles tout en volume, il emprisonne l'air dans ses plis cassés, il se sculpte. Il bouge avec brutalité et s'étale comme une nappe de brouillard, sans bruit, dans un souffle fantomatique. L'organza est indomptable, incontrôlable sur terre, mais il se révèle merveilleux en apesanteur. Il lui faut de l'espace pour exprimer sa beauté. Impossible de le contenir, il explose comme un pantin dès que l'on ouvre la boite ou la main.


Ces rencontres textiles n'ont d'autre but que de vous faire découvrir combien cet univers est  passionnant. De découvertes en découvertes, vous allez vous familiariser avec ces fibres qui jalonnent votre quotidien. Mieux les connaître c'est aussi prendre plaisir à  les choisir.
Je vous souhaite de devenir tissus addicts et alors, bienvenue au club !

lundi 28 mars 2016

ET SI LA FIBRE IDEALE EXISTAIT?


Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir,  nous avons à portée de main une fibre magique et pourtant nous l'ignorons. 
L'ennui c'est que ce sont les industriels qui feignent de l'ignorer, car il ne s'agit pas d'une révélation, mais d'un constat bien réel. Le chanvre est une fibre douée d'un potentiel  très mal exploité.

UN REVE? UNE REALITE!
Imaginez une fibre :
 - qui s'adapterait partout, à  presque tous les climats
- qui pousserait sur toute sorte de terrain
- qui  ne nécessiterait pas d'engrais
- qui ne réclamerait aucun pesticide
- qui serait peu gourmande en eau
- qui aurait une croissance rapide
- qui offrirait un tissu naturellement bio
- qui serait naturellement imputrescible dans l'eau salée (voiles de bateaux et cordages     sont ou étaient fabriqués en chanvre )
- qui, filée et tissée,  bloque les rayon UV B  si nocifs pour notre peau.
- qui a ou pourrait avoir de multiples applications : avec la filasse on obtient des fibres textiles,  avec les graines on obtient de l'huile, avec  les déchets ont fabrique de l' isolant thermique destiné à la construction.

UN TEXTILE INNOVANT ? NON, UN TEXTILE ANCESTRAL!
Un miracle de la technique ? Des années de recherches ? Des micros capsules intégrées dans le fil ? Des fils d'argent rajoutées lors du tissage ? Des manipulations génétiques ? Des puces,? Des capteurs? Des apprêts ? Rien de tout cela. Je suis certaine que de nombreux industriels auraient aimé pouvoir inscrire cette création à leur palmarès, mais ils ont été devancés par dame nature. 

CANNABIS
La fibre qui concentre toutes ces qualités existe bel et bien c'est le chanvre textile ou cannabis (canna= roseau) sativa (utile) L en latin ce qui donne en français chanvre utile. Très explicite et nullement répréhensible.
C'est une plante dioïque (pied mâle et pied femelle). Aujourd'hui pour faciliter sa culture, il existe des variétés monoïques (fleurs mâles et femelles sur un seul pied).

C'est de la tige que l'on extrait la filasse qui donnera la  fibre textile.
Cette fibre est cultivée, filée, tissée ou tricotée, depuis des siècles d'abord en Asie et en Orient puis en Occident.
Les plus belles qualité de fils étaient réservées à la fabrication de draps et de vêtements, les autres étaient utilisés pour la confection de sac ou de linge plus grossiers, plus moins que le jute tout de même.

EFFET DE MODE




Allez savoir pourquoi ce produit ne fait plus recette : trop ou pas assez vintage, image désuète, trop vu, pas assez technique?. En tous cas il ne fait pas rêver comme son cousin le cannabis indica, cette herbe psychotrope interdite à la culture et à la consommation. C'est cette homonymie qui à mis fin à l'exploitation industrielle de cette fibre textile et uniquement textile.
Un jour, les créateurs redécouvriront les atouts du chanvre textile et mettront tout en œuvre pour  lancer une fibre "révolutionnaire"  bourrée de bonnes intentions. 
Le succès aidant, les  hommes trouveront la formule chimique qui  leur permettra de  "fabriquer" en quantité une fibre synthétique similaire au chanvre . Voilà comment vous trouverez dans les rayons des vêtements, une nouvelle génération de tissus "intelligents", ersatz de chanvre. Pour être exacte il faudrait parler d'intelligence artificielle. Donc il y a le choix entre les fibres naturelles au potentiel inné, et les tissus doté d'une intelligence programmée par l'homme. Les uns sont historiques et les autres présents sur un marché en pleine mutation,  parfois encore à l'état de prototypes.
L'homme à toujours tenter de copier la nature dans l'espoir de la dépasser et parfois il réussit.

UNE FIBRE HISTORIQUE
 Le chanvre fut utilisé dès le néolithique. Au Moyen Age, Charlemagne fut à l'origine du développement de la culture du chanvre puis, au XVIIe siècle, Colbert donna une impulsion à sa production en créant la corderie royale de Rochefort pour répondre à la demande croissante de produits destinés à la marine.  L'importation de la matière première était désormais inutile et les cordages, sacs pour les marins, toiles pour les voiles des navires étaient confectionnés sur place.  
L'utilisation du chanvre pour la fabrication de  linge de maison, de sous vêtements et de vêtements  se développa également dans  les classes populaires. 
Le chanvre était un produit  courant en France et si la fibre textile semble oubliée, on retrouve sa trace dans des mots comme cannebière rue de Marseille, chènevis :graine de chanvre, chènevière lieu dit : champ de chanvre, canevas support de broderie...
Cette fibre fut détrônée au milieu du XXème siècle non seulement à cause de son homonymie avec le cannabis indica, mais par l'apparition des fibres synthétiques comme le Nylon. Il serait juste de signaler que la pression du lobby pétrolier aux USA accéléra la production de fibres synthétiques au détriment des fibres naturelles.

UNE FIBRE BIO
Le chanvre ne laisse pas de place aux autres, il étouffe lui même les mauvaises herbes, c'est pourquoi sa culture ne nécessite aucun pesticide. 
Il draine et régénère la terre avec ses très longues racines, donc pas besoin d'engrais.
Il pousse presque tout seul, il ne demande que très peu d'eau, donc pas d'arrosage intensif comme pour le coton.
Il pousse rapidement : il parvient à maturité en trois mois. Selon les variétés les plants peuvent atteindre entre trois et cinq mètres
Il n'épuise pas le sol donc pas de jachère.
Sa culture est simple et naturelle. 
Le climat de la France lui convient parfaitement

LES SECRETS DU CHANVRE TEXTILE
Ses propriétés sont presque trop belles pour être honnêtes et pourtant cette fibre possède naturellement des propriétés exceptionnelles :
- anti-bactérienne : le chanvre retarde le développement de certaines bactéries. Faites l'expérience avec des chaussettes en chanvre et en coton. Mettez durant deux jours une chaussette en coton sur un pied et une chaussette en chanvre sur l'autre pied. Constatez par vous-même… Si vous transpirez beaucoup et que vous portez des chaussures avec une doublure synthétique, les odeurs seront beaucoup plus intenses du côté coton. Ce sont les bactéries qui sont à l'origine de ces mauvaises odeurs.

- le transfert thermique est une des grandes qualités du chanvre : la fibre absorbe très rapidement l'humidité ambiante et la rejette tout aussi vite, comme le lin. C'est pourquoi les vêtements en chanvre sont confortables. L'été au frais, l'hiver au chaud. J'ai essayé et je confirme. Le must pour l'hiver c'est le mélange chanvre et poils de yack.  

- Le chanvre fait office d'écran de protection,  qui stoppe les rayonnements de tout genre grâce à la très grande densité des fibres fabrique :  les UV B mais aussi les  rayons des écrans d'ordinateurs et autres appareils électriques.

- Facile à vivre au quotidien ? L'entretien un jeu d'enfant. Les tissus en chanvre se lavent sans problème et résistent au fer à repasser, même chaud.

-La fibre est anallergique. Le contact d'un tissu en chanvre avec la peau ne provoque aucune allergie. Je conseille aux personnes ayant une peau fragile de porter des sous-vêtements en chanvre. Il existe des T-shirt, des chaussettes, des slips ou des culottes dans les magasins spécialisés en produits  issus de l'agriculture biologique. 
Le problème pour les chemises, pantalons et autres vestes réside principalement dans la coupe et la gamme de couleurs restreinte et peu flateuses. Il s'agit plus de "sacs à patates taillés pour des géants" que de vêtements élégants. Il ne vous reste qu'à acheter le tissu,  jadis chez De Gilles  mais aujourd'hui je vous conseille "la cantate du chanvre"(voir leur site sur le net), et de sortir la machine à coudre.

J'espère  que cette démonstration est largement est suffisante pour vous convaincre d'une chose : les tissus   "intelligents"  nous entourent, sachons les découvrir.
 Depuis des siècles l'homme utilise des fibres textiles naturellement "techniques" comme le chanvre, le coton, la laine ou la soie. Et depuis à peine deux siècles les hommes tentent avec succès de les imiter. Alors info ou intox les  nouveaux tissus intelligents? Je vous laisse juge. Il faut savoir démêler le vrai du faux. En fait ce sont les hommes du  marketing les plus intelligents. Vendre un concept, une idée, une image à des clients  béats d'admiration, c'est jouer sur du velours. La véritable révolution c'est d'avoir réussi à cloner chimiquement les tissus naturels et d'avoir dopé leur intelligence.

DEVENIR UN CONSOMMATEUR REALISTE
La filière chanvre semble frémir, le retour de la demande des tissus écologiques, bios, naturels est perceptible. Le chanvre va peut-être retrouver la place qu'il mérite dans la mode. Réservez lui un espace de choix dans votre garde-robe.

UN CONSOMMATEUR SACHANT CONSOMMER CONSOMMERA DU CHANVRE
Pour une fois qu'un trésor est à notre portée sachons le reconnaître. Un produit non polluant, bon marché, qui pourrait être cultivé et tissé et transformé en France, pourquoi nous en priver ? Charlemagne et Colbert avaient compris l'importance de l'enjeu. Pourquoi ne pas reprendre cette direction?  Pour le moment c'est l'artisanat qui relève le défit du chanvre, car  la production française n'est pas suffisante pour alimenter l'industrie textile. De cette pénurie de matière première  il résulte des importations de chanvre  des pays de l'Est via l'Allemagne ou la Belgique.  C'est en partie ce qui explique le prix élevé du tissu. Pour redonner vigueur à cette filière réclamons haut et fort aux industriels des articles en chanvre. 

Nous voulons des vêtements en chanvre! Nous voulons des vêtements en chanvre!
Ce post est à consommer sans modération.

mercredi 23 mars 2016

LIN OU COTON ? COMMENT LES DISTINGUER

Différencier le lin du coton est parfois difficile. Un simple coup d'œil même professionnel ne suffit pas toujours. Il faut mettre à contribution  notre sens de l'observation pour  découvrir les mystères de dame nature.
Le lin comme le coton font partie des fibres végétales donc naturelles ; elles ont des points communs bien sûr, mais diffèrent sur certains aspects.

Je vous propose quelques expériences toutes simples et ludiques à faire chez vous. Elles vous permettrons de comprendre comment fonctionne un tissu et surtout de différencier le lin du coton
 Vous aurez besoin de trois échantillons de toile de lin et de trois échantillons de toile de coton, d'allumettes ou d'un briquet, d'une paire de ciseaux et de quelques gouttes d'eau.
Vous posez vos échantillons sur une table par exemple ou sur toute autre surface lisse et résistant au feu et à l'eau.

VOS SENS EN EVEIL

1 LA VUE

REACTION AUX MANIPULATIONS
LE COTON
Observez la surface d'une toile de coton :  les fils sont réguliers sur l'ensemble de l'échantillon.  Ils peuvent être  lisses ou duveteux, épais ou fins selon la qualité du coton ; le diamètre d'un fil de coton de belle qualité est régulier


LE LIN
Observez la surface de la toile de lin : le grain est plus visible, le diamètre des fils qui s'entrecroisent est irrégulier. Le fil est parcouru de  nœuds, de parties plus ou moins fines auxquelles succèdent des parties plus grosses. Une similarité que les fils de lin partagent avec la soie sauvage. Ceci est un avantage pour les vêtements qui sont en contact direct avec la peau. L'étoffe ne touche pas la peau sur toute sa surface, et l' espace libre entre les deux laisse l'air circuler créant en cas de forte chaleur une thermorégulation. Un vêtement en lin  collera  peu sur la peau en cas de transpiration



LE COTON
Prenez un échantillon de toile de coton et triturez le dans votre main. Puis ouvrez la main , le tissu  à changé d'aspect il est chiffonné, mais reste souple et mou, les plis ne sont pas trop marqués.


Pourquoi? parce que le fil de coton est un tube hélicoïdale et plat ; cette torsion lui  confère une certaine élasticité, il plie mais ne casse pas. Une toile de coton chiffonnée se repasse aisément. Le coton est une fibre très simple à entretenir. Le prix d'un article en coton varie en fonction de la qualité de la fibre et du nombre de fil au cm2. Fibres longues ou courtes, avec ou sans traitement spécifique (easy care, mercerisé..)


LE LIN
Prenez un échantillon de lin et agissez de la même façon qu'avec la toile de coton. Comparez les deux morceaux d'étoffes. Le lin sera cassé, froissé comme une tôle et non chiffonné, les plis tiennent. On a en main une sorte d'origami.

Pourquoi? Parce que la fibre de lin est naturellement rigide. Elle casse plus qu'elle ne plie. C'est un inconvénient pour certaines personnes, porter un vêtement froissé les gêne. Vous entendrez souvent parler du froissé chic du lin, ce qui n'est pas totalement absurde. Loin d'avoir un aspect chiffonné comme un tissu de coton, le lin se casse avec délicatesse, avec une certaine élégance.   Mais ça c'est mon avis personnel. A vous de vous faire votre propre idée.

Pourquoi un simple examen visuel n'est pas suffisant pour différencier le lin du coton? Parce que certains fabricants ont parfois des idées farfelues, mais rémunératrices. Il existe des fils de coton irréguliers dont l'aspect se confond aisément avec un fil de lin.

REACTION A L'EAU
Voici un test qui ne trompe pas.
Versez une goute d'eau  simultanément sur les deux tissus et observez. Vous constaterez une différence très nette.

LE COTON
Il  n'absorbe pas l'eau immédiatement. La goutte persiste quelques minutes à la surface et on voit se former doucement un cercle humide tout autour jusqu'à l'absorption complète. Cela prend quelques minutes.
Pourquoi? Parce que le fil de coton est poreux et sa paroi est mince,  il peut absorber l'humidité ambiante lentement,  et l'emmagasiner. Il la libère tout aussi lentement Ce qui implique qu'un vêtement en coton mouillé prend du poids. C'est un inconvénient car  un  vêtement en coton  qui est en contact direct avec la peau absorbe la transpiration, mais ne l'évacue pas immédiatement. Il restera humide, lourd et collé à la peau suffisamment longtemps pour provoquer un effet désagréable entraînant parfois une sensation de froid.
Par contre ce qui peut être considéré comme un inconvénient devient une qualité lorsqu'il s'agit de la teinture. Le coton a une bonne affinité tinctoriale

LE LIN
La goutte d'eau s'étale rapidement sur la surface du tissu.
Pourquoi? Parce que le fil de lin  absorbe l'eau mais ne l'emmagasine pas . Le fil de lin ne se gorge pas d'eau, et  un vêtement en lin  sèche vite ce qui est un gage de confort en période de forte chaleur et pour les personnes qui transpirent beaucoup. Ce qui apparait comme un avantage  peut devenir un inconvénient. Le lin possède une affinité très moyenne avec les teintures. La paroi de la fibre étant épaisse, la teinture atteint difficilement le cœur de la fibre. Ainsi on peut constater en coupant un lin de couleur sombre que le centre du fil est plus clair que sa surface.


support sur lequel j'ai réalisé l'expérience de l'eau En haut j'avais posé l'échantillon de coton. Il semble que le tissu ai "bu" la plus grande partie de la goutte.
En bas l'endroit où j'ai posé l'échantillon de lin. Il apparait que la goutte à traversé le tissu pour rester sur le support.
Imaginez que le support soit votre corps, un vêtement en coton restera humide plus longtemps en contact avec votre peau alors qu'un vêtement en lin n'aura pas ce problème, votre transpiration s'évacuera à  travers le tissu sans que celui ci l'arrête au passage.


Faites un test simple
Mouillez un tshirt en jersey coton  et suspendez le Il est lourd car les fils sont gorgés d'eau. Il sèchera lentement
Mouillez  un tshirt en jersey de lin et suspendez le. Il est presque aussi léger que lorsqu'il est sec.
Contrairement au fil de coton le fil de lin n'a pas la capacité à emmagasiner l'humidité ambiante.


REACTION A LA FLAMME

  LE COTON
Approchez la flamme de l'allumette de la toile de coton. Observez la flamme est grande elle dévore votre morceau de tissu à grande vitesse. Ne laissez pas brûler,  stoppez la flamme avant que tout ne soit  détruit. Votre toile de coton brûle comme du papier. Aucune odeur particulière.  Le  tissu brûlé noirci, même s'il est rouge ou vert. Le bord du tissu  une fois la flamme éteinte est brun, régulier, laissant des résidus à peine palpables

LE LIN
Refaites la même expérience avec l'échantillon de lin. Ne vous pressez pas d'éteindre la flamme, le tissu brûle plus lentement. Soufflez pour éteindre et observez. La partie qui a été brulée n'a pas complètement disparue. Elle n'est plus qu'une forme grisâtre, même si le tissu est teint. C'est  ce que j'appelle le fantôme du lin c'est en réalité un squelette de l'étoffe disparue. Curieusement on retrouve la forme et les dimensions de la partie brûlée . Entre vos doigts elle ne résistera pas  tant elle est fragile et peut disparaître au moindre souffle.

LES ENNOBLISSEMENTS
Il s'agit des apprêts destinés à transformer les qualités intrinsèques d'une fibre. Ils faussent la donne des expériences mais il convient de les mentionner ici même sommairement.

LE COTON
Les tissus de cotons subissent un grand nombre d'apprêts. Les tissus de coton sont commercialisés sous des aspects très différents :  brillant, glacés, duveteux... en fonction de la demande, de la mode.

LE LIN
Les tissus de lin font rarement l'objet d'ennoblissement, car le lin naturel se suffit à lui même. En général les clients recherche justement ce coté irrégulier, artisanal, qui diffère des produits uniformiser.
En  écrasant la fibre (avec des rouleaux industriels) on obtient un  lin lustré, légèrement. Inutile de chercher un lin qui  aurait la brillance de la soie, ce n'est pas le but.
On trouve aussi des enduits, c'est à dire imperméabilisés. Idéal pour les nappes ou les imperméables légers.
Les lins lavés ont un grand succès commercial. Ils sont un peu comme les blues jeans "used",   industriellement  vieillis par des lavages successifs . Cet ennoblissement permet d'obtenir un lin neuf qui aura l'aspect d'un drap ancien passé maintes fois à la lessiveuses. Ce type de tissu  ressemble souvent au chanvre.

2 L'OUÏE

LE COTON
Prenez l'échantillon et entaillé le avec une paire de ciseaux sur quelques centimètres. Puis prenez les deux parties  et tirez d'un seul coup afin de séparer le tissus en deux. La déchirure est rapide, le tissu sépare  en droit fil et le bruit est clair, sec,  presque strident . C'est un cri aigu si le tissu est fin, si le tissu est plus épais le bruit sera plus sourd. On peut le comparer au son qui sort d'une clarinette.

LE LIN
Procédez de la même façon que précédemment. C'est  difficile, voir impossible ? Pourquoi ?
Parce que les fils de lins étant plus rigides et irréguliers, ils ne cèdent pas aisément à la traction, et une déchirure "propre" suivant le droit fil est impossible, les bords  du tissu seront irréguliers, comme effilochés.. Le lin est par conséquent un tissu très résistant. Le bruit  est  faible et  poussif. C'est l'équivalent d'un son d'un trombone

Un ou deux conseils : si vous allez dans un magasin de tissu et que le vendeur ou la vendeuse entaille et déchire d'un geste sec le tissu, il ne s'agit pas de lin pur. C'est un bon moyen de contrôler ce que vous achetez.

Vous avez peur d'acheter des articles en lin parce qu'il catalogué comme  difficile à entretenir. Il se froisse, se casse, et repasser vous ennuie profondément. Je comprends
Un truc pour vous faciliter la tâche
Si vous portez un pantalon ou une robe en lin, le soir au moment de prendre votre douche, suspendez  sur un cintre votre vêtement dans la salle de bain à proximité de la douche ou du bain. Il absorbera l'humidité ambiante, les plis disparaîtrons, il retrouvera sa forme initiale,  prêt à repartir pour le lendemain sans repassage.
avant l'eau


 après la goutte d'eau 

 Dans les pays chauds où l'air est humide le lin est le vêtement idéal. Par contre dans les pays chaud où l'air est sec un tour dans la salle de bains s'impose.

3 LE TOUCHER

Disposez les échantillons devant vous.

LE COTON
Posez votre main sur le coton. Il est frais, la sensation est agréable. Selon la longueur des fibres, le procédé de filature, la qualité du coton,  vous pourrez avoir sous les doigts un coton  dont la surface est lisse ou bien duveteuse, souple ou molle.
Dans la main une toile de coton  basique est quasiment sans saveur,  inodore, naturelle tout au plus et encore. Par contre dès que l'on touche à une toile de coton plus sophistiquée, la main est capable de percevoir les subtilités du tissage.

LE LIN
La main sur un morceau de lin vous sentirez une différence avec le toucher du coton. Le tissu en lin est froid. Le lin est  bon conducteur de chaleur, aussi la chaleur de votre main n'a aucune n'influence
Comme avec l'eau, la chaleur traverse le tissu, celui ci ne la conserve pas.
Dans la main,  le lin a une présence, un poids. La surface granuleuse et  irrégulière du lin confère au toucher une sensation forte,  reconnaissable.
Une personne habituée à manipuler les tissus, pourrait différencier le lin du coton les yeux bandés.

 Il est vrai que la fibre de coton est devenu tellement répandue dans le monde qu'elle peut sembler au premier abord insignifiante. Pourtant il faut savoir qu'il y a coton et coton. Si l'on sait faire la différence alors on entre dans le cercle des Tissus Addicts.

Le lin est une des fibres textiles les plus anciennes utilisées par l'homme. Sa production est moins répandue sur le globe et beaucoup plus faible que celle du coton. Ceci explique  son prix plus élevé que celui du coton. L'un influent sur l'autre, l'industrie du lin bien que très florissante est moins importante que celle du coton.


L'ODORAT

Le test incluant l'odorat est le moins probant de tous. Pourtant il est possible avec un "bon nez" de différencier les deux matières

LE COTON
L'odeur du coton est disons neutre.  Une toile de coton neuve n'a pas d'odeur. Mais un fois lavée avec des produits parfumés par exemple, le coton s'imprègne facilement ce qui fausse
Lorsqu'il brûle l'odeur dégagée est très faible, elle est comparable à celle du papier. Si la texture du tissu à été modifiée par un ennoblissement il se peut qu'une odeur particulière se dégage, mais nous sommes là dans des cas spécifiques

LE LIN
Les mêmes constatations à peu de choses près. Une toile de lin naturelle à une odeur. Elle n'est pas perceptible aisément. En y portant attention on décèle un léger parfum d'herbe, mais plus souvent c'est l'impression de poussière qui domine.


Voilà j'espère qu'avec ces quelques repères vous pourrez  en toute connaissances faire vos prochains achats textiles.

mardi 22 mars 2016

LE BLUE JEANS DISTROY : LES RACINES REBELLES DU DRESSING MISES A MAL

HABILLE OU FAGOTE ? VÊTU OU FRINGUE ?
Déchirés artificiellement, lacérés, usés prématurément, blanchis, délavés, surteints, "élas...thannés", tachés, fatigués, destroyed, voilà ce que l'industrie de la mode nous propose. Le "must have" pour certains avec en prime un prix élevé. Pourquoi troquer l'élégance pour arborer décemment un jeans indécent.


VIVRE EN ETANT VU
 La réponse à ce défi semble couler de source. L'audace d'enfiler ce type de "fringue" marque un esprit rebelle.  Il semble que cette fatigue prématurée, cette usure manufacturée, ces entailles savamment étudiées soient un moyen d'exister dans une société peut être trop policée à au goût des amateurs. Mais cette réaction c'est du déjà vu à maintes reprises dans l'histoire du costume et souvent avec de bonnes raisons. Ici je ne vois pas d'autre intention que de suivre une mode très chic et très chère.
Cette transgression des codes vestimentaires envoie un message à une société trop étriquée.
Bad boy ou bad girl, un coup de griffe dans les usages traditionnels, un peu de débauche dans la mode citadine. Porter un jeans "used", est-ce afficher une certaine attitude, pour choquer "le bourgeois" ? Peut être. Moi j'y vois surtout un formidable succès marketing parfaitement bien orchestré par l'industrie qui surfe sur la demande. Les clients désirent du nouveau, de l'excentrique, du changement. Alors, ils sont servis. Avec ces multiples blessures, le nouveau blue jeans a pris ses marques avec les marques.

UNE AME OUI, MAIS BIEN FACTICE
Ils semblent avoir vécus des aventures, ces pantalons d'une couleur improbable, informes et ridés. Pour nombre de clients ils ont une âme, ils sont devenus des doudous pour adultes, tout cela n'est illusion. Cependant, n'oublions pas que le mouvement "punk" ou voyou, né dans l'Angleterre des années 80,  était un véritable cri de la part d'une tranche de la population, une réaction au modèle de société qu'on proposait à une génération en état de rebellion. Aujourd'hui, l'idée de vandalisme accolée au jeans est totalement gratuite, sociologiquement parlant. Après les punks, vint le mouvement Grunge et, là encore, il toucha une petite partie de la population, plutôt jeune et en marge de la société traditionnelle. Les grands mouvements de mode ont toujours été portés par la force de leur message, qu'il s'agisse des crevées dans la mode au XVIeme siècle ou des mini jupes.
Les créatifs semblent ne pas avoir de mémoire. Tout est artificiel dans  leur proposition actuelle de l'usure factice qui n'est  qu'une brève aventure ; le temps d'un trajet d'un bout du monde à l'autre, d'une usine au rayon d'un magasin jusqu'à votre dressing. Le possesseur d'un jeans used va vivre ce vieillissement par procuration.

Aujourd'hui, cette  transgression des codes vestimentaires n'est pas mue par des revendications précises, de plus elle est transgénérationnelle et quasi universelle puisque les magasins à succursales multiples diffusent leurs modèles dans le monde entier.

Le blue jeans lacéré ne porte pas de message, il est convenu, il a sa place dans les dressings les plus sophistiqués, il est devenu une pièce vestimentaire comme une autre, il a perdu sa puissance vindicative mais il continue à polluer petit à petit l'environnement.

FAIT CE QUE JE DIS PAS CE QUE JE FAIS
Les magazines nous rabâchent à longueur de page qu'il faut sauver la planète et que chacun d'entre nous est responsable  de ses actes.  Les personnalités s'engagent sur ce terrain, lancent des appels, sont à l'origine de pétitions pour sensibiliser la population aux problèmes environnementaux. C'est bon pour leur image et ce serait formidable si c'était sincère car il y a l'envers du décor. Les paroles et les actes sont deux choses distinctes.
Si Jessica Alba s'investit dans une ONG, cela ne l'empêche pas de porter des Jeans distroy dont la fabrication n'est pas sans effets néfastes pour l'environnement. Elle n'est pas la seule star à prôner un comportement et à ne pas le respecter. Il n'est qu'a feuilleter les magazines pour s'en rendre compte. Gwyneth Paltrow chantre du bien être, du mieux vivre en harmonie avec son corps et la nature adopte aussi le blue jeans usé.

Jessica Alba n'est pas une militante écolo vraiment engagée, mais elle communique largement sur son mode de vie quotidien : elle multiplie les petits gestes qui peuvent sauver l'environnement... Alors il faudrait lui dire que son blue jeans accentue la pollution. Un petit conseil : acheter des blue jeans neufs et les laisser vieillir lentement mais sûrement.
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Economiser de l'énergie, sauver la santé des ouvriers, préserver l'eau. Le monde entier est en émoi, la tendance est à l'économie, à la consommation modérée, les vertus du bio sont portées aux nues. Cela explique pourquoi les techniques évoluent afin d'être en phase avec l'idéologie actuelle. Des efforts sont faits pour réduire les nuisances.
Un jean stonewash usé avec des pierres ponce ou encore sandwash, procédé utilisant le jet de sable, sans oublier le watt-wash, technique au laser et, on nous le promet pour bientôt, le jeans clean délavé à l'ozone. Des techniques améliorées sans cesse dans le but de préserver la santé des employés, de réduire la consommation d'eau, d'éviter la pollution des rivières, avec cependant en arrière pensée se donner une image plus vertueuse et plus verte.

Voilà les progrès. Mais pourquoi ? Pourquoi acheter un neuf vieux ? Pourquoi vouloir précipiter les choses ? Et si les fabricants revenaient à la bonne et belle formule du blue jeans qui se délave avec le temps, qui s'adapte à votre corps au fur et à  mesure des semaines ? Moins de pollution, plus de plaisir à porter un article clean.

 L'UNIFORME SANS FORME
Prendre un bain vêtu de son jean afin qu'il sèche sur votre corps, ça peut devenir une seconde peau moins factice que les articles déjà fabriqués qui ne bougeront plus, qui vieilliront plus, qui resteront figés dans la forme première. Votre jean distroy sera le même que celui de vos amis, alors qu'un véritable blue jeans va devenir votre propre jean, différent de celui de votre voisin.

BLUE JEANS DISTROY ET  CHIRURGIE ESTHETIQUE  :  RIDES EN VUE ET RIDES MASQUEES

Une piqûre qui efface les rides, une autre  qui  fige le sourire et gonfle les lèvres...  Résultat un visage  sans "âme". Qu'est-ce qui pousse les hommes et les femmes à masquer l'usure des ans sur leur visage et qui, en même temps, se précipitent pour enfiler un vêtement vieilli, plissé, ridé ? Les plis dans le tissu et l'absence de rides sur un visage pour l'éternité ?

LA CONTRADICTION EST HUMAINE
Le comportement humain en matière de mode est bien difficile à cerner. Dans ce post j'ai essayé de comprendre la psychologie des amateurs de blue jeans used. La structure de pensée des clients me laisse pantoise. Il existe une contradiction évidente entre vouloir améliorer l'environnement et accepter de le détériorer en achetant des produits que l'on sait polluants.

Feu eau air

 Merveilleux univers textile,. Ysabel nous fait entrer dans un monde ou le tissu est vivant, mouvant et émouvant. A partager sans modération avec tous les amoureux des étoffes.